Réunis en séance plénière le mardi 28 avril, les députés de l’Assemblée nationale sénégalaise ont adopté la proposition de loi n°11/2026 modifiant certaines dispositions du Code électoral. Le texte, porté par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes, a été approuvé par 128 voix contre 11, avec deux abstentions. Au cœur de cette réforme figure la réécriture des articles L.29 et L.30, visant à clarifier et encadrer davantage les conditions d’inscription sur les listes électorales, tout en harmonisant la durée des sanctions liées à l’inéligibilité.
Cette réforme s’inscrit dans la promesse de rupture institutionnelle portée par Bassirou Diomaye Faye depuis son élection en mars 2024. L’un des engagements centraux de PASTEF était de nettoyer le système électoral des pratiques qui avaient permis, sous Macky Sall, des mises à l’écart d’opposants dont Ousmane Sonko lui-même.
Mais un score de 128 voix pour, 11 contre dans un parlement à majorité PASTEF pose une question que tout observateur démocratique devrait poser : où est l’opposition ? L’écrasement des positions minoritaires dans les votes parlementaires n’est pas un signe de santé démocratique, même quand la majorité a raison sur le fond.
Le Sénégal reste l’une des démocraties les plus robustes d’Afrique de l’Ouest. Ce qui s’est passé au Mali, une junte qui a supprimé le multipartisme est aux antipodes de ce que représente Dakar. Mais la vigilance démocratique ne peut pas se relâcher, y compris quand les réformateurs sont sincères.





























