L’Ituri est une carte de géographie de la violence. Chaque territoire porte le nom d’une crise différente : les ADF ici, les milices lendu là, et maintenant la CRP, Coopérative Résistance Patriotique qui ouvre un front supplémentaire dans le territoire de Pimbo.
Des affrontements armés ont été signalés à Pimbo en Ituri après une attaque de la CRP, selon les informations recueillies ce mercredi 29 avril 2026. Ces nouveaux combats s’ajoutent à un tableau sécuritaire déjà saturé dans cette province.
La CRP est l’un des nombreux groupes armés qui ont proliféré dans l’est de la RDC au fil des années, souvent créés en réaction à d’autres violences, souvent instrumentalisés par des intérêts locaux ou régionaux qui dépassent leurs membres de base. Ces formations sont difficiles à démanteler précisément parce qu’elles répondent à des dynamiques sociales réelles : sentiment d’abandon de l’État, besoin de protection communautaire, économies informelles liées à l’exploitation minière artisanale.
La multiplication des acteurs armés dans l’Est est l’un des défis les plus complexes de la stabilisation. On ne peut pas négocier avec des dizaines de groupes simultanément. On ne peut pas non plus les écraser militairement tous en même temps, surtout quand chaque opération contre l’un risque de renforcer un autre.
James Swan, le nouveau chef de la MONUSCO qui venait d’achever sa tournée dans le Nord-Kivu et l’Ituri, repart avec un tableau d’ensemble qui donne le vertige. Il n’y a pas de solution simple. Il y a des processus longs, coûteux, incertains. Et pendant que ces processus se construisent, les habitants de Pimbo comptent leurs morts.





























