Il y a des rues qui ne sont pas seulement des axes de circulation. Elles sont des mémoires physiques, des cicatrices heureuses gravées dans l’asphalte d’une ville. Ce vendredi 24 avril, Abidjan s’est dotée d’une de ces rues.
La cérémonie du vendredi 24 avril 2026 a réuni des figures du monde diplomatique et culturel à Anoumabo. Le maire de Marcory, Aby Raoul, a fait de Papa Wemba Citoyen d’honneur de la commune et l’a élevé au rang de Commandeur de l’ordre du mérite communal. L’ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire, Gilbert Naiya Nabina, était présent aux côtés de Mariatou Koné, ministre du Portefeuille de l’État.
L’édition 2026 du FEMUA s’ouvre sur la figure de celui qui y est mort, non comme une posture, mais comme une façon de dire que certaines scènes ne s’oublient pas.
Ce geste dit plusieurs choses à la fois. Il dit que la Côte d’Ivoire reconnaît pleinement l’importance de Papa Wemba dans son propre paysage culturel et pas seulement comme artiste de passage, mais comme personnalité dont la mort sur son sol a créé un lien indissoluble. Il dit que la rumba congolaise n’appartient pas qu’à la RDC, mais à toute l’Afrique francophone. Et il dit que les artistes méritent d’être honorés dans l’espace public, au même titre que les politiciens et les militaires.
La délégation congolaise présente à la cérémonie dit quelque chose aussi. Ce n’était pas une simple commémoration ivoirienne. C’était un moment de solidarité culturelle entre deux pays qui partagent une langue, une musique, et une histoire mêlée de leurs diasporas. Dans un continent parfois déchiré par des rivalités politiques, ces moments d’unité culturelle ont une valeur que les diplomates ne savent pas toujours fabriquer.





























