À République Démocratique du Congo, le débat sur un possible troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi s’enflamme. Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et président du parti Ensemble pour la République, a repris la parole avec force, dénonçant toute tentative de révision constitutionnelle visant à prolonger le mandat présidentiel.
Depuis plusieurs semaines, la presse congolaise souligne des signaux inquiétants dans le camp présidentiel, laissant entendre qu’une modification de la Constitution pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat. Après un long silence, Katumbi sort de sa réserve. Il rappelle son opposition ferme à ce qu’il appelle une manœuvre « contre le peuple et la loi fondamentale ».
« Ce n’est pas la Constitution qui permet la mauvaise gouvernance », insiste-t-il dans une vidéo publiée sur son compte X. « Ce n’est pas à cause de la Constitution que nous n’avons plus de routes, que les fonctionnaires sont mal payés, que les enfants meurent de faim. Nous avons la meilleure Constitution du monde. »
Pour l’opposant, la priorité nationale reste la qualité de la gouvernance et non la durée au pouvoir. Il met en garde contre toute manipulation des lois pour servir des intérêts personnels. « En accédant au pouvoir, on prête serment de respecter la Constitution. À l’approche de la fin du mandat, certains cherchent à la contourner. Je l’exerce, je l’assume », a-t-il ajouté, citant l’article 64 de la Constitution, qui donne à chaque citoyen le droit et le devoir de s’opposer à toute violation de la loi fondamentale.
Moïse Katumbi se réfère également au passé politique. En 2015, il avait vigoureusement combattu la tentative de troisième mandat de Joseph Kabila, un épisode qu’il cite pour alerter sur les risques actuels. Selon lui, l’expérience montre qu’une réforme constitutionnelle détournée ne peut que fragiliser la démocratie et accentuer les tensions sociales et politiques.
Le message de Katumbi résonne aussi avec la position des évêques catholiques, qui ont publiquement déconseillé toute initiative visant à modifier la Constitution, soulignant que cela pourrait aggraver la crise sécuritaire.
D’autres voix, comme celle de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, soutiennent un débat sur la réforme mais uniquement « pour le peuple, pas pour le pouvoir ». Selon lui, la Constitution actuelle peut évoluer pour s’adapter aux réalités modernes, mais tout changement doit être inclusif, transparent et bénéfique à la nation.
Pour Katumbi, la vigilance citoyenne est essentielle. Il appelle la population congolaise à rester éveillée et à défendre la Constitution. « Le peuple congolais ne se laissera pas faire », avertit-il.
En RDC, la question d’un troisième mandat reste un sujet sensible et clivant. Avec cette prise de position, Moïse Katumbi relance le débat politique national et place la Constitution au cœur des préoccupations démocratiques, rappelant que la défense de la loi fondamentale est indissociable de la protection des droits et des institutions du pays.





























