Les ’Nations unies tire la sonnette d’alarme face à l’extension du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, désormais au-delà des provinces traditionnellement touchées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon Vivian van de Perre, responsable au sein de la MONUSCO, la reprise des hostilités entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo / M23 a entraîné un déplacement et une extension des lignes de front. Fait nouveau et préoccupant : le conflit s’étend désormais vers la province de Tshopo, bien au-delà de son foyer initial.
L’ONU souligne également une évolution dans les méthodes de combat, avec un recours accru aux drones offensifs, ainsi qu’au brouillage et à la falsification des signaux GPS. Ces technologies, de plus en plus utilisées en milieu urbain, augmentent considérablement les risques pour les populations civiles.
Des incidents récents ont notamment touché des infrastructures sensibles comme l’aéroport de Bangoka à Kisangani, ainsi que la ville de Goma.
L’extension des combats vers la frontière burundaise accentue les craintes d’une régionalisation du conflit. Pour la MONUSCO, cette dynamique pourrait entraîner une « conflagration régionale », impliquant potentiellement plusieurs pays voisins.
Malgré le retrait partiel de l’AFC/M23 d’Uvira en janvier, la situation au Sud-Kivu reste instable. Les combats persistants et leur propagation géographique témoignent d’un conflit en mutation, plus diffus et plus difficile à contenir.
Dans ce contexte, l’alerte des Nations unies met en lumière un tournant potentiel : celui d’un conflit localisé en voie de transformation en crise régionale majeure, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires potentiellement graves pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.





























