Une semaine après la polémique provoquée par ses déclarations sur la Constitution, Modeste Bahati Lukwebo est revenu sur ses propos pour lever toute ambiguïté. Le deuxième vice-président du Sénat assure avoir été mal compris lors d’un échange avec la presse et rejette toute idée d’opposition à une éventuelle modification de la Loi fondamentale.
Dans un message écrit rendu public, le leader de l’AFDC-A affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte. Selon lui, la question posée par un journaliste lors de ce point de presse était « hors sujet », ce qui aurait contribué à alimenter les malentendus.
« Ma réponse a été mal comprise lorsque je disais qu’il faut d’abord changer de mentalités avant de changer la Constitution », explique-t-il. Pour le sénateur, la difficulté principale ne réside pas dans les textes eux-mêmes, mais plutôt dans leur application par les responsables politiques et les institutions.
Il insiste sur un point central : à aucun moment il n’a déclaré être opposé à une révision constitutionnelle.
« Nulle part il n’est sorti de ma bouche que je m’opposais à la modification de la Constitution », précise-t-il. Selon lui, la question mérite plutôt un débat interne au sein de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme politique qui soutient le président Félix Tshisekedi.
La controverse est née après un échange avec la presse au cours duquel Bahati Lukwebo avait été interrogé sur un slogan de plus en plus relayé par certains partisans du pouvoir : « Tshisekedi n’a pas de mandat, mais une mission ». Une formule interprétée par certains comme une invitation à prolonger la présence du chef de l’État à la tête du pays.
Face à cette idée, Bahati Lukwebo avait rappelé son attachement au principe républicain. Selon lui, le président de la République dispose d’un mandat clairement défini qui s’achève en 2028.
« Je suis républicain. Je sais que le président a un mandat jusqu’en 2028 », avait-il déclaré, ajoutant que toute autre perspective devrait être examinée le moment venu.
Ces déclarations ont rapidement provoqué des réactions au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs figures de l’Union sacrée ont interprété ses propos comme une critique implicite du projet de révision constitutionnelle évoqué dans certains cercles politiques.
La tension est montée d’un cran lorsqu’une pétition a été lancée par le sénateur Dany Kabongo. L’initiative vise à contester les propos jugés « incorrects » et « irrespectueux » envers le chef de l’État. Selon son initiateur, 37 signatures avaient déjà été recueillies au début de la semaine.
Cette affaire intervient à quelques jours de l’ouverture de la session parlementaire prévue le 15 mars. Dans un contexte politique déjà marqué par des débats sensibles autour de la Constitution, les clarifications de Bahati Lukwebo visent manifestement à apaiser les tensions au sein de la majorité et à éviter une nouvelle fracture politique.






























