Genève, 29 octobre 2026 — En marge du troisième Examen de la politique commerciale de la République démocratique du Congo (RDC), le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a eu une audience de haut niveau avec la Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala. Accompagné de la délégation interministérielle congolaise et de l’ambassadeur Paul Empole Losoko Efambe, représentant permanent de la RDC auprès des institutions internationales à Genève, le ministre a abordé les perspectives de coopération pour accélérer la modernisation du commerce national.
Cette rencontre prolonge les échanges engagés dans le cadre de l’examen de la politique commerciale congolaise, ouvert le 28 octobre à Genève. Pour Kinshasa, cet exercice multilatéral constitue une occasion de présenter les réformes entreprises, de renforcer la confiance des partenaires et de mieux intégrer l’économie nationale dans les circuits commerciaux régionaux et internationaux.
Une assistance technique pour renforcer les compétences congolaises
L’un des principaux résultats annoncés à l’issue de l’audience concerne le renforcement de l’assistance technique de l’OMC. L’organisation s’est engagée à accompagner la formation des cadres congolais, notamment dans les négociations commerciales, le commerce électronique et le suivi des notifications obligatoires auxquelles les membres doivent se conformer.
Cette coopération vise à consolider les capacités techniques de l’administration congolaise dans un environnement commercial international marqué par la numérisation des échanges, l’évolution des règles multilatérales et la multiplication des négociations économiques.
La régularisation des contributions de la RDC à l’organisation a également été évoquée, l’OMC saluant cette évolution. Le renforcement des compétences nationales doit permettre aux représentants congolais de mieux défendre les intérêts économiques du pays, de maîtriser les instruments juridiques du commerce international et de tirer davantage profit des mécanismes de coopération disponibles.
Au-delà de la formation, l’enjeu porte sur la capacité de la RDC à traduire les engagements internationaux en réformes concrètes, au bénéfice des administrations, des opérateurs économiques et des producteurs locaux.
De la transformation locale aux ambitions industrielles
Les échanges ont également mis l’accent sur la transformation des ressources nationales. La RDC entend notamment développer la transformation agricole sur son territoire afin d’accroître la valeur ajoutée locale, de stimuler la production et de réduire sa dépendance à l’égard des produits transformés importés.
Le développement de la filière des batteries figure parmi les autres priorités abordées. Fort de ses ressources minérales, le pays ambitionne de renforcer sa place dans les chaînes de valeur industrielles, en dépassant progressivement le modèle fondé sur l’exportation de matières premières brutes.
Cette orientation suppose des investissements dans les infrastructures, l’énergie, les compétences et les capacités de transformation. Dans cette perspective, la relance du projet hydroélectrique d’Inga a été évoquée comme un levier potentiel pour répondre aux besoins énergétiques de l’industrialisation et soutenir l’intégration économique régionale.
La valorisation durable des forêts congolaises s’inscrit également dans les priorités discutées. Le pays entend mieux faire reconnaître ses atouts environnementaux tout en conciliant leur préservation avec les objectifs de développement économique.
Numérisation et transparence au service des échanges
La dématérialisation des procédures commerciales et la modernisation du commerce des services ont constitué un autre volet de la rencontre. La RDC poursuit ses efforts pour simplifier les démarches liées aux échanges, améliorer la circulation de l’information et renforcer la transparence des opérations commerciales.
Ces réformes doivent contribuer à réduire les lourdeurs administratives, à rendre les procédures plus prévisibles et à améliorer l’environnement des affaires. Elles s’inscrivent dans une démarche plus large visant à accroître la compétitivité de l’économie congolaise et à faciliter son accès aux marchés internationaux.
La présence de la délégation interministérielle et l’accompagnement de la Mission permanente de la RDC à Genève illustrent la dimension transversale de ce chantier, qui mobilise à la fois les politiques commerciales, industrielles, agricoles, énergétiques et diplomatiques.
Au terme de cette audience, l’engagement annoncé de l’OMC en faveur d’un accompagnement technique ciblé ouvre une perspective de coopération pour renforcer les capacités nationales. Pour la RDC, le défi sera désormais de convertir cet appui en résultats mesurables : des cadres mieux formés, des procédures plus efficaces et une économie davantage tournée vers la transformation locale et la création de valeur.






























