La consolidation de la paix en RDC ne peut se limiter aux négociations entre acteurs politiques et sécuritaires. Elle doit également s’enraciner dans les territoires où les conflits ont profondément fragilisé le tissu social. C’est dans cette perspective que la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu mercredi 7 octobre 2026 à Kinshasa le professeur Jean de Dieu Ntanga Ntita, coordonnateur national du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).
Les échanges ont porté sur les efforts engagés par la RDC en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration communautaire des ex-combattants. Une approche qui place les communautés au centre du processus de sortie de crise et considère la stabilisation comme un travail de long terme.
Relier diplomatie et réalités du terrain
Cette rencontre intervient alors que Kinshasa poursuit plusieurs démarches diplomatiques destinées à favoriser une sortie de crise dans l’Est du pays. Les processus de Washington et de Doha, ainsi que les initiatives africaines de médiation, constituent aujourd’hui des cadres importants du processus de paix.
Mais la mise en œuvre des engagements négociés pose une question essentielle : comment transformer les accords politiques et sécuritaires en résultats perceptibles pour les populations ?
C’est précisément à ce niveau que le P-DDRCS prend toute son importance. Le programme vise à accompagner le désarmement et la démobilisation des combattants, mais également à favoriser leur réintégration et le relèvement des communautés affectées par les violences.
Le coordonnateur national du P-DDRCS présente d’ailleurs la réintégration socioéconomique et la formation comme des leviers de prévention de la récidive et de construction d’une paix durable.
L’appropriation nationale au cœur de la démarche
L’un des messages forts de la rencontre réside dans l’importance accordée à l’appropriation nationale du processus.
Pour Kinshasa, le désarmement et la stabilisation ne peuvent être durablement imposés de l’extérieur. Ils doivent être conduits par les institutions congolaises, en tenant compte des réalités propres à chaque territoire et avec l’implication des communautés concernées.
Cette orientation rejoint une conception plus large de la diplomatie portée par Thérèse Kayikwamba Wagner : obtenir des engagements internationaux, mais également créer les conditions de leur traduction en politiques publiques et en actions concrètes.
La ministre multiplie depuis plusieurs semaines les consultations avec les partenaires internationaux et les acteurs nationaux autour de la sécurité, de la MONUSCO, du désarmement et du processus de paix. Sa rencontre du 6 octobre avec le chef de la MONUSCO, James Swan, avait notamment porté sur le prochain mandat de la Mission, le DDRRR et le redéploiement temporaire de la MONUSCO pour accompagner le MCVE+.
Une approche intégrée de la paix
L’intérêt stratégique de la réunion entre la cheffe de la diplomatie congolaise et le coordonnateur national du P-DDRCS tient donc à cette volonté de faire converger plusieurs dimensions de la réponse à la crise : diplomatie, sécurité, désarmement, réintégration, développement local et cohésion communautaire.
Une telle convergence est déterminante dans un contexte où les populations de l’Est restent exposées aux déplacements, à la pauvreté et aux conséquences sociales des conflits.
Le désarmement ne peut en effet produire des résultats durables si les anciens combattants ne disposent d’aucune perspective économique ou sociale et si les communautés qui les accueillent ne bénéficient pas elles-mêmes d’un accompagnement adapté.
De la négociation à la stabilisation
À travers cette rencontre, Kinshasa entend ainsi inscrire le P-DDRCS dans une chaîne plus large de construction de la paix : négocier, désarmer, réintégrer, relever et stabiliser.
Cette articulation constitue un enjeu majeur pour la crédibilité du processus de paix. Les accords internationaux peuvent fixer les principes et les engagements ; leur réussite dépendra cependant de leur capacité à transformer durablement les réalités locales.
La démarche portée par Thérèse Kayikwamba Wagner s’inscrit dans cette logique : faire de la diplomatie un instrument qui ne s’arrête pas à la signature des engagements, mais qui contribue à leur mise en œuvre et à leur appropriation sur le terrain.
Pour la RDC, la paix durable passera donc autant par les tables de négociation que par les communautés appelées à vivre les conséquences concrètes du désarmement et de la stabilisation.



























