Chaque année, autour du Freedom Day sud-africain, le 27 avril, commémoration de la fin de l’apartheid, une autre réalité surgit : des violences dirigées contre les étrangers, principalement africains, dans les townships du Gauteng. Cette année, l’ambassade de la RDC n’a pas attendu que les incidents se produisent pour réagir.
L’ambassade de la RDC en Afrique du Sud a appelé les ressortissants congolais à la vigilance face aux manifestations anti-étrangers annoncées dans la province du Gauteng du 27 au 29 avril 2026, en marge des célébrations du Freedom Day. Des consignes de sécurité précises et un numéro d’urgence consulaire ont été communiqués.
L’Opération “Dudula”, mouvement civique sud-africain qui réclame l’expulsion des étrangers en situation irrégulière continue de mobiliser dans certains quartiers, avec des débordements réguliers vers des violences physiques contre des Africains étrangers, Congolais, Zimbabwéens et Mozambicains en tête.
Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette situation. L’Afrique du Sud est le pays qui a le plus symbolisé la solidarité continentale africaine, l’ANC a été soutenu par des décennies de luttes panafricaines, ses exilés ont trouvé refuge dans des pays comme le Congo, la Tanzanie, la Zambie. Aujourd’hui, dans les townships de Johannesburg, des Congolais qui ont fui la guerre dans leur pays se retrouvent à fuir des machettes dans leur pays d’exil.
Cette xénophobie est le produit d’inégalités criantes que l’ANC n’a pas su réduire depuis 1994. Le chômage des jeunes dépasse 60 % dans certaines provinces. Les infrastructures se dégradent. La corruption fragilise les institutions. Et dans ce contexte, les étrangers deviennent des boucs émissaires commodes. La tragédie, c’est que les Congolais qui fuient les balles du Kivu et se retrouvent ciblés dans le Gauteng n’ont absolument rien à voir avec les problèmes structurels de l’Afrique du Sud.





























