Un cas de maladie à virus Ebola a été détecté dans la province de l’Oubangui-du-Sud, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), loin de l’épicentre de l’épidémie en cours, a annoncé vendredi un responsable congolais.
Le patient, un homme décédé mardi dernier dans la ville de Gwaka, avait voyagé depuis le Sud-Kivu, dans l’est du pays, en passant par le Rwanda et l’Ouganda, avant de rejoindre la province de l’Oubangui-du-Sud, frontalière de la République du Congo et de la République centrafricaine.
L’information a été communiquée par Jean-Jacques Mbungani, ancien ministre de la Santé et député de la région, qui a précisé à Reuters que le parcours du patient pourrait compliquer les opérations de recherche et de suivi des personnes ayant été en contact avec lui.
Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherches biomédicales (INRB) à Kinshasa, a confirmé que le test de dépistage effectué sur le patient s’était révélé positif au virus Ebola.
Un risque de propagation régionale
Les autorités sanitaires redoutent désormais un nombre important de contacts potentiels. Le patient aurait utilisé plusieurs moyens de transport, notamment les réseaux routiers et fluviaux, au cours de son déplacement entre l’est et le nord-ouest de la RDC.
Cette situation pourrait exposer plusieurs provinces congolaises ainsi que les pays voisins à un risque de propagation du virus. Les équipes sanitaires devraient notamment procéder à l’identification et au suivi des personnes ayant voyagé avec le patient ou ayant été en contact avec lui dans les différentes étapes de son parcours.
La proximité de la province avec la République du Congo et la République centrafricaine renforce les inquiétudes quant à une éventuelle extension transfrontalière de l’épidémie. Les autorités devront également intensifier la surveillance épidémiologique dans les zones concernées et renforcer la sensibilisation des populations.
Une épidémie déjà meurtrière
L’épidémie actuellement en cours est la 17ᵉ enregistrée en RDC. Selon les dernières données gouvernementales, elle a déjà infecté 6 942 personnes, dont 3 349 sont décédées.
Elle constitue la deuxième épidémie d’Ebola la plus importante jamais enregistrée, après celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
La détection de ce nouveau cas dans une région éloignée de l’épicentre souligne les difficultés liées au contrôle de la maladie dans un pays marqué par l’immensité de son territoire, la mobilité des populations et la faiblesse des infrastructures sanitaires dans plusieurs zones.
Les autorités congolaises sont désormais appelées à renforcer la coordination avec les pays voisins afin de limiter le risque de propagation et d’assurer une réponse rapide dans les zones potentiellement exposées.




























