Le 30 avril 2026, le Trésor américain sanctionne six entreprises chinoises de composants chimiques liées à l’Iran. Le 1er mai, le secrétaire à la Défense Hegseth annonce que l’Iran paiera pour son soutien aux attaques des Houthis contre des navires marchands lors de la crise de la mer Rouge. Le président Trump met en garde contre des sanctions secondaires contre les entités achetant du pétrole et des produits pétrochimiques à l’Iran.
Cette double salve de mesures dit deux choses importantes sur la stratégie américaine dans ce conflit. La première : Washington élargit son front économique en ciblant les réseaux d’approvisionnement chinois de l’Iran, une tentative de priver Téhéran des ressources qui lui permettent de maintenir son effort de guerre. La seconde : les menaces contre les acheteurs de pétrole iranien sont une pression directe sur la Chine et l’Inde, principaux clients du brut iranien, pour qu’ils choisissent leur camp.
Le blocus naval des ports iraniens aggrave une situation économique déjà très dégradée. Le rial iranien a chuté à son niveau le plus bas face au dollar depuis la fondation de la République islamique, en 1979. Les exportations pétrolières sont paralysées. Selon le Wall Street Journal, la marine américaine a reçu l’ordre de maintenir cette stratégie d’étouffement économique jusqu’à ce que Téhéran se soumette aux exigences de Washington.
Les marchés de prédiction placent à 45 % la probabilité d’un accord de paix permanent d’ici le 30 juin. La dernière contre-proposition iranienne, transmise via le Pakistan, prioritise la cessation des hostilités et la réouverture d’Ormuz avant toute discussion sur le nucléaire, une approche que Washington a jugée inacceptable en l’état.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et négociateur en chef, a posé les termes avec clarté : “Les États-Unis doivent renoncer à l’unilatéralisme et à l’esprit d’imposition dans leur approche du dialogue.” Cette formulation dit tout de l’impasse : Téhéran refuse de céder sous la pression, Washington refuse de négocier sans garanties sur le nucléaire. Et entre ces deux lignes rouges, des milliers de morts, un détroit fermé, et une économie mondiale qui s’essouffle.



























