La Radio Télévision Nyiragongo Musisimuke, qui a cessé d’émettre en janvier 2025 après la prise de contrôle de la zone par la coalition armée, serait depuis lors occupée par les services de renseignement de l’AFC/M23.
D’après RSF, les anciens studios de la station ne serviraient plus à l’activité médiatique, mais auraient été reconvertis en installations utilisées à des fins de renseignement et de détention provisoire de civils. L’organisation s’appuie notamment sur des témoignages ainsi que sur des photographies montrant que le logo de la station demeure visible à l’entrée du complexe.
Des témoins cités par RSF font état de conditions de détention particulièrement préoccupantes, évoquant notamment des interrogatoires violents, une alimentation insuffisante et le transfert de certains détenus vers le bureau provincial des renseignements de Goma, connu sous le nom de « Chien Méchant ».
Pour RSF, cette situation constitue une nouvelle atteinte grave aux droits fondamentaux et à la liberté de la presse dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23. L’organisation dénonce ce qu’elle considère comme « une nouvelle ligne rouge franchie », dans un contexte où le mouvement armé est déjà accusé de restrictions contre les médias et de détentions de journalistes, notamment dans des conteneurs, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
La transformation présumée d’une infrastructure médiatique en lieu de renseignement et de détention soulève également des préoccupations majeures quant à la protection des journalistes, des civils et des espaces dédiés à l’exercice de la liberté de la presse. Elle illustre, plus largement, les conséquences de la militarisation des territoires et des institutions locales dans les zones affectées par le conflit.
Ces accusations, rapportées par RSF sur la base de témoignages et d’éléments visuels, appellent toutefois à une vérification indépendante permettant d’établir avec précision la nature des activités actuellement menées dans les anciens locaux de la station.




























