Il a fallu six ans. Six ans de procédure, d’instruction, d’audiences. Six ans pour que les familles des 14 soldats tués dans la nuit du 10 au 11 juin 2020 à Kafolo entendent enfin un verdict.
Le tribunal criminel d’Abidjan a rendu son délibéré le lundi 27 avril 2026 concernant l’attentat terroriste de Kafolo. Dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, une soixantaine de terroristes lourdement armés avaient pris pour cible un poste mixte armée-gendarmerie à Kafolo, localité à la frontière nord avec le Burkina Faso. Le bilan officiel avait été de 14 soldats ivoiriens tués et six blessés.
Ce verdict dit plusieurs choses simultanément. D’abord, que la Côte d’Ivoire dispose d’un système judiciaire capable de conduire un procès complexe à son terme, même pour des crimes commis dans le contexte d’une menace terroriste qui rend les investigations difficiles. Ensuite, que la réponse au terrorisme ne peut pas être uniquement militaire — la justice est une composante indispensable d’une stratégie durable de lutte contre l’extrémisme violent.
La frontière nord de la Côte d’Ivoire avec le Burkina Faso est devenue, depuis 2020, une zone de vigilance permanente. Le Burkina voisin est lui-même en état de guerre civile larvée contre les groupes jihadistes du JNIM, le même JNIM qui vient de frapper le Mali le 25 avril. L’attaque de Kafolo n’était pas un incident isolé. C’était le signal avant-coureur d’une menace régionale qui s’est depuis largement matérialisée.
Ce verdict arrive donc au bon moment. Il dit : nous avons de la mémoire, nous avons de la justice, et nous ne nous laissons pas paralyser par la peur.






























