À Kisangani, chef-lieu de la Tshopo et troisième ville de la RDC, les pelleteuses ont précédé toute consultation. L’annonce de la construction d’un camp militaire sur le site historique de Simi-Simi a suffi à déclencher une explosion sociale que les autorités locales n’avaient visiblement pas anticipée.
À Kisangani, l’annonce de la construction d’un camp militaire sur le site du camp Simi-Simi a dégénéré. Des habitations ont été démolies, provoquant des affrontements entre les jeunes du quartier et les forces de l’ordre. Les députés provinciaux réclament la suspension immédiate des travaux. Une commission mixte devrait être créée pour vérifier la légalité des démolitions et les droits des familles.
Ce qui se passe à Kisangani illustre un problème structurel que la RDC reproduit depuis des décennies : l’État qui arrive, qui démolit, qui construit sans informer, sans consulter, sans indemniser les populations concernées. Les familles dont les maisons ont été rasées ne savent souvent pas à qui s’adresser, quels recours existent, si une indemnisation est prévue, et où elles vivront dans l’intervalle.
Les droits fonciers en RDC sont un terrain miné. La loi dit une chose, la pratique en fait une autre. Les occupants informels qui représentent une large majorité dans les quartiers populaires des grandes villes n’ont souvent aucun titre légal sur les terrains qu’ils occupent depuis des années, parfois des générations. Cette précarité juridique les rend vulnérables à toute décision administrative, même mal fondée.
Cette situation révèle encore la fragilité du respect des droits fonciers en RDC. La réaction des élus provinciaux est un signal positif : la représentation politique joue son rôle de contre-pouvoir. Mais si la commission d’enquête n’aboutit qu’à un rapport classé, cette mobilisation n’aura été qu’une pression sans suite. Les familles de Kisangani regardent.





























