Washington — Donald Trump et Xi Jinping renouent avec le dialogue au plus haut niveau. Le président américain a accueilli mercredi 23 septembre son homologue chinois à Joint Base Andrews, près de Washington, pour une visite d’État de trois jours. Il s’agit de la première visite de Xi Jinping à Washington depuis plus d’une décennie.
Le déplacement intervient dans un contexte particulier : les deux puissances ont choisi de prolonger leur trêve commerciale de deux mois, offrant un délai supplémentaire aux négociateurs pour tenter de parvenir à un accord plus large.
Selon le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, l’accord qui devait arriver à échéance le 10 novembre est désormais prolongé jusqu’au 10 janvier 2027. Cette décision permet notamment aux deux gouvernements de poursuivre leurs discussions sur les droits de douane, les achats agricoles, les terres rares et plusieurs dossiers économiques sensibles.
Le commerce comme premier test
La prolongation de la trêve ne constitue pas un règlement définitif du différend commercial. Washington et Pékin continuent de négocier sur les engagements pris dans le cadre de l’accord de Busan et envisagent parallèlement un éventuel arrangement plus large.
Bessent a indiqué que les deux parties souhaitaient disposer de davantage de temps pour examiner les possibilités d’un « plus grand accord ». Parmi les sujets encore discutés figurent notamment les achats chinois de produits agricoles américains et les exportations chinoises de minerais critiques.
Cette période de répit intervient après l’escalade tarifaire qui avait opposé les deux économies et fait monter les droits de douane à des niveaux particulièrement élevés. La trêve a depuis permis de réduire une partie de cette pression, sans supprimer les divergences structurelles entre Washington et Pékin.
IA et Taïwan, les dossiers les plus sensibles
L’agenda dépasse largement le commerce. L’intelligence artificielle constitue désormais un nouveau terrain de compétition technologique entre les deux pays. Washington cherche notamment à préserver son avance dans les technologies avancées, tandis que Pékin poursuit le développement de ses propres capacités.
Les responsables américains et chinois ont également discuté de la possibilité d’instaurer un mécanisme de communication concernant les incidents liés à l’IA susceptibles d’avoir des conséquences sur la sécurité. Les deux parties restent toutefois confrontées à une forte défiance technologique.
La question de Taïwan demeure parallèlement l’un des principaux points de friction. Pékin considère l’île comme faisant partie de la Chine, tandis que Washington entretient avec Taipei des relations non officielles et fournit des équipements destinés à ses capacités de défense. Les positions des deux capitales restent donc profondément divergentes sur ce dossier.
La rencontre Trump-Xi se déroule ainsi dans un équilibre entre dialogue et compétition. La prolongation de la trêve commerciale réduit, pour quelques mois, le risque d’une nouvelle escalade tarifaire. Mais les négociations sur le commerce, l’IA et les questions géopolitiques montrent que la relation entre Washington et Pékin demeure structurée par une rivalité de long terme.





























