À quelques mois de l’élection du prochain Secrétaire général des Nations Unies, la candidature de Macky Sall, ancien Président de la République du Sénégal, suscite un intérêt particulier. Unique candidat africain parmi les six personnalités en lice, il ravive le débat sur la place du continent dans la gouvernance des grandes institutions internationales.
Le 23 juillet 2026, devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, les candidats ont présenté leur vision de l’avenir de l’Organisation. Pendant près de 90 minutes, ils ont répondu aux questions des États membres, des fonctionnaires de l’ONU et de représentants de la société civile, dans un exercice de transparence désormais intégré au processus de sélection.
Depuis la création de l’Organisation des Nations Unies en 1945, aucun Africain n’a exercé les fonctions de Secrétaire général. Si plusieurs diplomates et responsables africains ont occupé des postes stratégiques au sein du système onusien, la plus haute fonction administrative de l’Organisation n’a jamais été confiée à un ressortissant du continent.
Pour de nombreux observateurs, cette situation nourrit le débat sur l’équilibre de la représentation géographique au sein des institutions internationales. Bien qu’aucune règle écrite n’impose une rotation entre les régions du monde, une pratique diplomatique non codifiée a souvent guidé le choix des États membres.
Lors de son intervention, Macky Sall a mis en avant son expérience à la tête du Sénégal ainsi que ses responsabilités exercées au sein d’organisations régionales africaines.
Il a également présenté plusieurs priorités, parmi lesquelles la modernisation du fonctionnement des Nations Unies, l’amélioration de l’efficacité administrative de l’Organisation et l’adaptation de celle-ci aux défis liés aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
Le candidat sénégalais a notamment estimé que les méthodes de travail de l’ONU méritaient d’être réévaluées afin de mieux mesurer l’impact concret des milliers de mandats et de réunions organisés chaque année.
Macky Sall affronte cinq autres candidats : Michelle Bachelet (Chili), Maria Fernanda Espinosa (Équateur), Rafael Grossi (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica) et Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana). À ce stade du processus, aucun favori ne semble se dégager clairement.
Le choix final résultera d’un processus exigeant impliquant le Conseil de sécurité, qui recommande un candidat, puis l’Assemblée générale, appelée à entériner cette recommandation.
Quelle que soit l’issue de cette élection, la candidature de Macky Sall remet en lumière une question récurrente des relations internationales : celle de la représentation du continent africain dans les instances de gouvernance mondiale.
Avec 54 États membres, l’Afrique constitue le plus important groupe régional des Nations Unies. Pour plusieurs analystes, cette réalité alimente les réflexions sur une représentation plus équilibrée au sein des institutions internationales, tant dans les postes de direction que dans les organes décisionnels.
Au moment où l’ONU est confrontée à des défis majeurs – conflits armés, changement climatique, inégalités de développement et révolution numérique –, le débat dépasse les candidatures individuelles. Il porte plus largement sur la capacité de l’Organisation à refléter la diversité de ses États membres et à renforcer sa légitimité dans un monde en profonde mutation.




























