Le message est clair, assumé, et formulé sans la politesse habituelle des communiqués diplomatiques. “Ceux qui veulent faire de l’argent au Congo doivent venir créer des emplois au Congo, s’y installer et contribuer au développement de l’économie”, a déclaré Miguel Kashal Katemb.
Ces mots arrivent dans un contexte économique précis. La RDC vient de signer un partenariat stratégique avec les États-Unis qui couvre les minerais critiques. KoBold Metals a annoncé 50 millions de dollars pour l’exploration du lithium de Manono. Zijin Mining Group chinois lorgnait la même zone. Le FMI loue des indicateurs macroéconomiques améliorés. Les eurobonds ont été largement sursouscrites. Sur le papier, le Congo attire.
Mais dans les faits, le modèle dominant de l’investissement étranger en RDC reste extractif : on vient chercher le cobalt, le cuivre, l’or, le lithium, et on repart avec. Les emplois créés localement sont souvent les moins qualifiés, les moins bien rémunérés, et les bénéfices fiscaux captés par des mécanismes d’optimisation qui réduisent les recettes effectives de l’État congolais.
Le ministre Wameso redoute un scénario d’escalade continue du conflit au Moyen-Orient aux conséquences directes sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette préoccupation dit que les décideurs économiques congolais ont intégré le fait que la volatilité géopolitique internationale affecte directement les conditions dans lesquelles la RDC peut négocier ses partenariats.
La politique de sous-traitance est un outil puissant si elle est bien conçue et appliquée rigoureusement. Elle peut obliger les multinationales à faire appel à des fournisseurs locaux, à former de la main-d’oeuvre congolaise, à installer une partie de la chaîne de valeur sur le territoire. Elle peut aussi se transformer en rente pour des intermédiaires politiquement connectés si les contrôles font défaut.
Le discours de Kashal Katemb est un signal politique vers les entreprises étrangères. La vraie question est de savoir si ce signal sera suivi de mécanismes de contrôle robustes qui rendront ce discours crédible.





























