Dans “Femme éléphant”, Manas Koos Daniel explore la destinée, les traditions africaines et la force de la femme au coeur d’un monde spirituel. Ce roman vient d’être lancé dans le cadre des initiatives culturelles soutenues par le Prix Prosper Gubarika pour la promotion de la lecture et la chaîne du livre en RDC.
Le titre dit déjà l’ambition. L’éléphant, dans les cosmogonies de nombreux peuples d’Afrique centrale, n’est pas simplement un animal. C’est une figure de sagesse, de mémoire, de puissance tranquille. Accoler ce nom à la femme, c’est lui attribuer ces qualités, c’est l’inscrire dans une tradition de narration qui refuse la victimisation pour lui préférer la célébration de la résistance.
La littérature congolaise a une histoire riche et méconnue. Sony Labou Tansi, né au Congo-Brazzaville mais dont l’oeuvre irradie les deux rives du fleuve. Fiston Mwanza Mujila, reconnu par des prix européens. Alain Mabanckou, qui a porté la voix congolaise jusqu’à l’Académie française. Ces noms ont percé les frontières. Mais il y en a des dizaines d’autres, tout aussi importants, dont les oeuvres restent confinées aux librairies de Kinshasa ou aux tiroirs d’auteurs qui n’ont pas accès aux circuits éditoriaux internationaux.
C’est là que le Prix Prosper Gubarika, lancé il y a quelques semaines, peut jouer un rôle. En récompensant et en mettant en lumière des oeuvres comme “Femme éléphant”, ce prix dit aux auteurs congolais que leur travail compte, qu’il sera lu, célébré, transmis.
Dans un pays où 27 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, parler de littérature peut sembler déplacé. Mais les sociétés qui lisent construisent une mémoire collective plus riche, des imaginaires plus larges, des capacités de résistance culturelle plus profondes. La “Femme éléphant” de Manas Koos Daniel n’est pas un luxe. C’est une nécessité.






























