Il y a une ville africaine qui, depuis dix ans, fait taire les sceptiques les uns après les autres. Cette ville, c’est Nairobi. Et ce qu’elle a accompli dans le domaine technologique et financier est l’un des récits de développement les plus inspirants du continent.
M-Pesa, le système de paiement mobile lancé en 2007 par Safaricom, est devenu la référence mondiale du mobile money : plus de 50 millions d’utilisateurs actifs en Afrique, des transactions annuelles qui dépassent 300 milliards de dollars, et un modèle que des pays d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine ont cherché à reproduire. Nairobi a inventé le mobile money avant que Silicon Valley ne s’y intéresse.
Depuis, l’écosystème numérique kenyan n’a cessé de se développer. Des hubs technologiques comme Konza Technopolis attirent des investissements régionaux et internationaux. Des start-ups comme Twiga Foods, Cellulant ou Sendy ont créé des modèles économiques adaptés aux réalités africaines que les solutions importées ne pouvaient pas adresser.
C’est dans ce contexte que le sommet Africa Forward a choisi Nairobi. La France, qui y cherche un repositionnement économique, a compris que les opportunités de partenariat les plus prometteuses ne se trouvent plus dans les capitales d’Afrique francophone qui la rejettent politiquement, mais dans les métropoles d’Afrique de l’Est et australe où la relation avec Paris est moins chargée historiquement.
Pour la RDC, l’exemple kenyan est une leçon concrète : la souveraineté économique se construit en développant des solutions locales adaptées aux réalités locales, pas en attendant que des partenaires étrangers viennent les apporter.






























