La semaine a commencé comme une escalade. Elle finit comme une suspension. En moins de vingt-quatre heures, Donald Trump a lancé et annulé une opération militaire dans le détroit d’Ormuz, dans ce qui pourrait bien être le retournement de situation le plus rapide de l’histoire militaire américaine récente.
Le président américain Donald Trump a annoncé mardi 6 mai la suspension immédiate du “Projet Liberté”, l’opération militaire lancée la veille pour escorter des navires marchands à travers le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran depuis le début de la guerre le 28 février. La décision, publiée sur Truth Social, intervient après ce que Trump a qualifié de “grands progrès” dans les négociations en cours avec Téhéran.
L’opération n’aura duré que vingt-quatre heures. Lancé lundi pour permettre à des centaines de bâtiments bloqués dans le Golfe de franchir le détroit, le “Projet Liberté” est désormais suspendu “pour une courte période”, le temps de déterminer si un accord “complet et définitif” peut être conclu avec les dirigeants iraniens. Trump a précisé que cette pause répondait également à une demande formulée par le Pakistan et d’autres pays.
Mais entre lundi et mardi, il s’est passé des choses inquiétantes. Pour la seconde journée consécutive, les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne contre des missiles et drones iraniens. Téhéran nie avoir attaqué le pays du Golfe.
L’agence de presse iranienne Fars a affirmé que l’Iran aurait tiré deux missiles contre une frégate américaine. “La frégate, qui naviguait dans le détroit d’Ormuz, en violation des règles de navigation et de sécurité maritime près du port de Jask, a été visée par une attaque de missiles”, a écrit Fars. Un haut responsable américain a toutefois affirmé qu’aucun navire américain n’a été touché.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s’est entretenu à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi. Cette rencontre précède la visite officielle de Trump en Chine, prévue les 14 et 15 mai, où il doit s’entretenir avec le président Xi Jinping, une séquence diplomatique qui pourrait peser sur la suite des négociations irano-américaines.
Ce que cette semaine illustre est fondamental pour comprendre la dynamique de cette guerre : nous sommes dans un conflit géré au jour le jour par des décisions impulsives, des menaces non suivies d’effets, des escalades aussitôt suspendues, et des négociations qui reprennent et s’interrompent sans logique prévisible. C’est une guerre de nerfs autant que de missiles. Et dans ce jeu-là, l’économie mondiale est l’otage permanent de deux dirigeants qui improvisent leur sortie de crise.






























