Le 4 mai 2026, la Communauté politique européenne tient son sommet à Erevan, en Arménie. Parmi les sujets au programme : la libéralisation du régime des visas entre l’UE et l’Arménie, le soutien continu à l’Ukraine, et la coordination face aux pressions américaines sur le dossier du Groenland.
Choisir Erevan pour ce sommet n’est pas un hasard géographique. L’Arménie est un pays qui a subi, en 2020 et à nouveau en 2023, la perte d’une partie de son territoire face à l’Azerbaïdjan dans un conflit que l’Europe a regardé avec une impuissance qui a laissé des cicatrices profondes dans les relations entre Erevan et Bruxelles. Tenir le sommet de la CPE dans cette capitale, c’est envoyer un signal de solidarité et de présence que la diplomatie européenne n’avait pas su exprimer au moment où l’Arménie en avait le plus besoin.
La Communauté politique européenne réunit, depuis sa création en 2022, des États membres de l’UE et des pays tiers européens dans un format élargi qui permet d’associer le Royaume-Uni, la Moldavie, la Géorgie et l’Arménie aux délibérations du continent sans passer par le processus d’adhésion formelle. C’est une invention diplomatique intelligente dans un contexte où les frontières de l’Europe sont à la fois stables et contestées.
Les dossiers sur la table à Erevan disent l’état du monde : une guerre en Ukraine qui ne se règle pas, des pressions américaines sur la relation transatlantique, et une Arménie qui cherche à équilibrer ses liens historiques avec la Russie et ses aspirations européennes. Ce triangle géopolitique, reproduit dans des configurations variées à travers tout le continent, est peut-être la définition la plus juste de la complexité géopolitique en 2026.




























