Au Mali, les jihadistes du JNIM appellent à un large “front commun” contre la junte, la situation sécuritaire restant toujours critique. La Russie refuse de retirer ses forces du Mali, rejetant la demande des rebelles touareg. Le Quai d’Orsay appelle les ressortissants français à quitter le pays “dès que possible”.
Appeler à un “front commun” : ces trois mots sont une déclaration de guerre totale. Le JNIM ne cherche plus simplement à contrôler des territoires dans le nord et le centre du Mali. Il cherche à construire une coalition suffisamment large pour frapper le pouvoir central là où il réside. Bamako dans leur viseur est une réalité désormais officiellement assumée.
La Russie, de son côté, joue une partition prévisible. Le Kremlin ne peut pas admettre que son déploiement en Afrique centrale s’est révélé incapable de protéger ses partenaires. Reconnaître l’échec militaire de l’Africa Corps à Kidal et retirer ses troupes serait admettre que le modèle “sécurité russe contre ressources africaines” ne tient pas ses promesses. Moscou préfère maintenir une présence symbolique plutôt que d’encaisser une défaite narrative.
La mise en garde du Quai d’Orsay est le signal le plus clair de la gravité de la situation. La France, qui avait été expulsée du Mali par la junte en 2022, n’a aucun intérêt à dramatiser une situation qui pourrait lui donner raison. Si Paris conseille à ses ressortissants de partir, c’est que les renseignements disponibles sur la progression des groupes armés sont suffisamment alarmants pour justifier cette recommandation.
Le Mali est au bord d’une rupture que les analystes annonçaient depuis des mois. Ce qui se joue maintenant n’est plus une question de territoire perdu ou gagné. C’est la question de la survie d’un État qui avait cru pouvoir se passer de toutes les béquilles diplomatiques, onusiennes et militaires occidentales, et qui découvre que l’alliance avec Moscou n’est pas la garantie infaillible qu’elle lui avait été vendue.





























