Il a gagné sans combat apparent. Mais son arrivée au pouvoir dit quelque chose sur l’Afrique de l’Ouest de 2026 et sur les différentes façons dont un pays peut choisir ses dirigeants.
La Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé jeudi 23 avril 2026 les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril. Romuald Wadagni est officiellement élu président de la République avec Mariam Chabi Talata comme vice-présidente. Le ticket Wadagni-Talata a obtenu 94,27 % des suffrages exprimés contre 5,73 % pour leurs challengers. Le taux de participation s’élève à 63,55 %. Aucune irrégularité majeure n’a été constatée, aucun recours n’a été enregistré.
À 49 ans, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances devient le plus jeune président du Bénin de l’ère du renouveau démocratique. Son programme “Plus loin, Ensemble” servira de base au programme gouvernemental. L’investiture est prévue le 24 mai 2026.
Le score de 94,27 % appelle à la nuance. Les observateurs estimaient que le scrutin était joué d’avance, le principal opposant, Paul Hounkpè, ayant besoin des parrainages d’élus de la majorité pour participer, et le principal parti d’opposition, Les Démocrates, ayant été absent de l’élection faute de parrainages suffisants.
Cette architecture électorale interroge. La démocratie béninoise repose sur des règles qui, dans les faits, rendent l’alternance difficile pour les forces véritablement opposées au pouvoir. Mais il n’y a pas eu de violence, pas de coup d’État, pas de fraude manifeste. La transition se fera dans l’ordre institutionnel. Dans une Afrique de l’Ouest où les coups d’État militaires sont redevenus courants, Mali, Burkina, Niger, ce modèle, même imparfait, mérite d’être regardé avec sérieux.





























