La souffrance psychologique au travail existe partout. Mais dans un pays comme la RDC, elle revêt des dimensions particulières que les initiatives de bien-être de bureau du monde occidental ne peuvent pas pleinement saisir.
Ce 25 avril, une journée de plaidoyer pour la santé mentale au travail est organisée à Kinshasa, portée par des professionnels de la santé et des associations. L’initiative vise à briser le tabou entourant les troubles psychologiques en milieu professionnel, dans un contexte de pression économique et sociale extrême.
Qu’est-ce que la santé mentale au travail pour un fonctionnaire congolais qui attend ses salaires depuis quinze mois ? Pour une enseignante qui fait classe dans une salle sans fenêtres avec cinquante élèves, pour un salaire qu’elle ne reçoit pas régulièrement ? Pour un agent humanitaire qui travaille au contact des victimes de violences sexuelles dans l’Est, sans accès au soutien psychologique qu’il faudrait ?
Ces questions ne sont pas rhétoriques. Elles décrivent des réalités quotidiennes pour des millions de travailleurs congolais. Le stress professionnel, l’épuisement, l’anxiété chronique, les états dépressifs — ces états ne disparaissent pas parce qu’un pays est pauvre. Ils s’y ajoutent à d’autres formes de souffrance pour créer des charges humaines que les systèmes de santé mentale, quasi inexistants dans la plupart des provinces congolaises, ne peuvent pas absorber.
Briser le tabou est une première étape nécessaire. En RDC comme ailleurs, les hommes et les femmes qui souffrent psychologiquement au travail ont souvent honte de l’admettre. La peur du jugement, de perdre son emploi, d’être perçu comme faible, ces barrières universelles sont amplifiées dans des sociétés où la résilience est souvent confondue avec le silence.





























