Le chiffre est sorti avec la brutalité froide des rapports onusiens. Quatre-vingt-sept morts. En un seul mois. Dans un seul territoire.
En Ituri, au moins 87 personnes ont été tuées lors d’attaques des ADF dans le territoire de Mambasa au cours du seul mois de mars 2026, selon OCHA. Ces massacres s’ajoutent à une série ininterrompue d’exactions qui font de ce territoire l’un des endroits les plus dangereux du continent.
C’est dans ce contexte que James Swan, nouveau chef de la MONUSCO, a achevé sa première tournée dans le Nord-Kivu et l’Ituri. James Swan boucle sa mission sur fond d’engagements et de fortes attentes sécuritaires. À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, Swan a rencontré des leaders communautaires, des représentants des forces de sécurité et des acteurs humanitaires. Ses échanges ont porté sur les dialogues intercommunautaires et le désengagement des jeunes des groupes armés.
Des dialogues intercommunautaires. Pendant qu’à quelques dizaines de kilomètres, les ADF déciment des familles. Il ne s’agit pas de disqualifier ces initiatives, elles sont nécessaires. Mais leur décalage d’échelle avec la violence est saisissant.
Les ADF, (Forces démocratiques alliées) sont présentes en Ituri et dans le Nord-Kivu depuis les années 1990. Elles ont résisté à des dizaines d’opérations militaires, survécu à plusieurs mandats présidentiels congolais, et se sont adaptées à chaque nouvelle pression pour se régénérer ailleurs. Leur éradication ne se fera pas par des dialogues communautaires, aussi utiles soient-ils.
Swan repart avec ses notes et ses engagements. Les 87 morts de mars ne reviendront pas. Et en avril, les ADF frappent encore.





























