La République démocratique du Congo entend renforcer le lien entre développement économique et respect des droits humains. Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a lancé, ce mardi 20 octobre 2026 à Kinshasa, l’atelier d’imprégnation et de relance du processus d’élaboration du Plan d’action national sur les entreprises et les droits humains (PAN-EDH).
Cette initiative vise à replacer les droits fondamentaux au cœur des activités économiques, dans un pays disposant d’importantes ressources minières, forestières, agricoles, énergétiques et industrielles. Pour le gouvernement congolais, l’enjeu consiste à faire en sorte que l’exploitation de ce potentiel contribue concrètement à l’amélioration des conditions de vie de la population.
Dans son discours d’ouverture, Samuel Mbemba a rendu hommage au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits humains. Il a également rappelé que derrière chaque activité économique se trouvent des travailleurs, des familles et des communautés dont les droits doivent être pris en considération.
Faire des droits humains une exigence du développement
Le lancement de cet atelier intervient dans un contexte où la valorisation des ressources naturelles constitue un enjeu central pour l’économie congolaise. Si les richesses du pays représentent un potentiel important de croissance, d’investissement et de création d’emplois, leur exploitation soulève également des questions relatives aux conditions de travail, à la protection des communautés et au partage des bénéfices économiques.
Le PAN-EDH ambitionne ainsi d’inscrire plus clairement la responsabilité des entreprises dans la prévention des atteintes aux droits humains liées aux activités économiques. Son élaboration doit permettre de structurer une démarche nationale associant les pouvoirs publics et les autres acteurs concernés autour d’objectifs de protection, de prévention et de responsabilité.
Au-delà des principes, l’enjeu sera de définir des orientations applicables aux réalités congolaises, notamment dans les secteurs où les activités industrielles et l’exploitation des ressources naturelles ont des effets directs sur les conditions de vie des populations.
La traçabilité, au-delà de l’origine des ressources
L’un des messages forts de Samuel Mbemba concerne la traçabilité économique et commerciale des ressources naturelles. Le ministre a souligné que celle-ci ne devait plus se limiter à déterminer l’origine des produits ou à suivre leur circulation dans les chaînes d’approvisionnement.
« La traçabilité économique et commerciale des ressources naturelles doit également intégrer les conditions humaines dans lesquelles elles sont exploitées », a-t-il déclaré, selon le compte rendu publié par le ministère des Droits humains.
Cette orientation élargit la portée de la traçabilité : connaître la provenance d’un minerai, d’un produit agricole ou d’une autre ressource ne suffit pas si les conditions dans lesquelles il a été extrait, récolté ou transformé restent ignorées. Les droits des travailleurs, la sécurité sur les lieux d’activité et les conséquences pour les communautés doivent également faire partie de l’évaluation des chaînes de production.
Pour la RDC, cette approche pourrait contribuer à renforcer la transparence des activités économiques et à soutenir les exigences de responsabilité des entreprises opérant sur son territoire ou commercialisant ses ressources à l’international.
Un processus à traduire en mesures concrètes
L’atelier d’imprégnation et de relance marque une étape dans le processus d’élaboration du plan. Sa portée dépendra toutefois de la capacité des parties prenantes à transformer les orientations annoncées en mesures concrètes, assorties de responsabilités clairement définies et de mécanismes de suivi.
La concertation entre les institutions publiques, les entreprises, les travailleurs, les organisations de la société civile et les communautés concernées sera déterminante pour que le futur dispositif réponde aux défis du terrain.
L’objectif est de faire du respect des droits humains une composante effective de la gouvernance économique, et non une exigence dissociée des décisions d’investissement ou des politiques de développement.
À travers la relance du PAN-EDH, le ministère des Droits humains met ainsi en avant une ambition : faire en sorte que la richesse tirée des ressources congolaises soit évaluée non seulement à l’aune de sa valeur commerciale, mais aussi au regard des conditions humaines de sa production et de ses retombées sur la population.






























