La République démocratique du Congo a fait entendre sa voix à Vienne, en Autriche, lors d’un événement parallèle à la treizième session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (COP13). Le 23 octobre 2026, le ministre conseiller Alexis Munungi Leki y a porté le plaidoyer congolais en faveur d’une coopération internationale renforcée contre les réseaux criminels et les circuits illicites liés aux ressources naturelles.
Organisée conjointement par la RDC et l’organisation International Promoting Human Development (IPHD), cette rencontre était consacrée à la résilience institutionnelle face à la criminalité transnationale organisée, avec une attention particulière portée aux capacités humaines, aux partenariats et à la contribution aux Objectifs de développement durable.
Cette participation illustre le travail de représentation et de suivi multilatéral assuré par la Mission permanente de la RDC auprès des Nations Unies à Genève, qui couvre également Vienne. Conduite par l’ambassadeur Paul Empole Losoko Efambe, la Mission contribue à porter les priorités congolaises dans les enceintes internationales, dans le cadre des orientations de la diplomatie nationale définies sous le leadership de la ministre d’État aux Affaires étrangères, à la Coopération internationale et à la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Alexis Munungi Leki met en avant les enjeux stratégiques des ressources naturelles
Dans son intervention, Alexis Munungi Leki a rappelé que la criminalité transnationale organisée représente un défi qui dépasse les seules questions de sécurité. Elle affecte également la gouvernance, les recettes publiques, les droits des populations et les perspectives de développement durable.
Pour la RDC, dont les ressources minières et les autres richesses naturelles constituent un potentiel majeur de transformation économique, la lutte contre leur exploitation et leur commercialisation illicites demeure un enjeu stratégique. Lorsque les chaînes d’approvisionnement échappent aux mécanismes légaux de contrôle, elles peuvent favoriser la fraude et la corruption, alimenter les réseaux criminels et contribuer au financement de groupes armés.
Le représentant congolais a ainsi défendu une traçabilité couvrant l’ensemble du parcours des ressources, de l’extraction jusqu’aux marchés internationaux. Cette exigence implique une responsabilité partagée entre les pays producteurs, les États de transit et de destination, mais aussi les entreprises et les autres acteurs économiques concernés.
Le plaidoyer de la RDC vise également à promouvoir la transformation locale des ressources et une répartition plus équitable des bénéfices économiques. L’objectif est que les richesses naturelles contribuent davantage à la création d’emplois, à l’amélioration des conditions de vie et à la consolidation de la paix.
Une action diplomatique qui mise sur la coopération concrète
L’intervention d’Alexis Munungi Leki a également mis l’accent sur le renforcement des capacités des institutions judiciaires, douanières et de contrôle. La lutte contre le blanchiment de capitaux, les flux financiers illicites et le commerce illégal des minerais exige des moyens d’enquête adaptés, une meilleure circulation de l’information et une coopération opérationnelle entre les États.
Trois axes se dégagent du plaidoyer congolais : un appui technique et financier accru aux institutions nationales ; une coopération renforcée pour identifier les réseaux criminels et poursuivre leurs responsables au-delà des frontières ; et un partenariat Afrique-Europe plus équilibré, fondé sur le partage d’expertise, la formation et la création de valeur dans les pays producteurs.
La dimension humaine reste au cœur de cette approche. La prévention de la criminalité organisée doit aussi protéger les victimes, faciliter l’accès à la justice et soutenir la participation des femmes et des jeunes. Cette orientation rejoint notamment les objectifs des Nations Unies en matière de travail décent, d’institutions efficaces et de partenariats pour le développement.
La Mission permanente, relais des priorités diplomatiques congolaises
La présence de la RDC à cet événement met en lumière l’importance du travail diplomatique réalisé au sein des enceintes multilatérales. Sous la conduite de Paul Empole Losoko Efambe, la Mission permanente à Genève, couvrant également Vienne, assure la représentation des intérêts congolais dans des dossiers où se croisent sécurité internationale, gouvernance des ressources et développement durable.
En portant cette intervention au nom de la Mission, Alexis Munungi Leki a donné une expression concrète à ce travail de représentation, en exposant les préoccupations de la RDC et les attentes qu’elle adresse à ses partenaires. Son intervention s’inscrit dans une action diplomatique plus large, menée sous le leadership de Thérèse Kayikwamba Wagner, qui vise à faire entendre les priorités nationales et à promouvoir des coopérations utiles au pays.
L’enjeu dépasse la participation à une réunion internationale : il s’agit de faire progresser des réponses concrètes à la criminalité transnationale organisée, de renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement et de veiller à ce que les ressources naturelles deviennent un levier de paix et de prospérité pour les populations congolaises.






























