Les opérations menées par l’AFC/M23 contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans le Nord-Kivu continuent d’avoir de lourdes conséquences sur les populations civiles. Selon un rapport des Nations unies, les affrontements et opérations conduits notamment à Masisi ont été accompagnés de morts et de déplacements de civils.
Le rapport du secrétaire général de l’ONU fait état de la découverte d’au moins 60 corps le 17 juin à Masisi, après des opérations de l’AFC/M23 contre des éléments des FDLR et du groupe Nyatura. Le document ne permet toutefois pas de déterminer combien de victimes étaient des combattants. Il relève néanmoins que les opérations visant les FDLR ont également affecté des civils, entraînant des morts et de nouveaux déplacements.
Les FDLR également accusées d’exactions
L’ONU documente parallèlement la poursuite des violences attribuées aux FDLR dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, notamment à Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale.
Des responsables communautaires ainsi que des personnes soupçonnées de collaborer avec l’AFC/M23 auraient notamment été ciblés. Les faits rapportés comprennent des assassinats ciblés, des disparitions forcées, des extorsions et des enlèvements.
Selon les données citées dans le rapport, les FDLR auraient été impliquées, depuis le 20 juin, dans au moins 44 incidents liés aux droits humains et à la protection, ayant fait 89 victimes, dont 15 victimes d’exécutions sommaires.
Masisi et Walikale, nouveaux foyers de tension
La situation s’est encore tendue au cours des mois d’août et de septembre. Les combats se sont intensifiés dans les territoires de Masisi et Walikale, opposant l’AFC/M23 à plusieurs groupes armés.
Cette dynamique intervient alors que Kinshasa a annoncé en juillet la mise en place d’un processus de désarmement volontaire et de cantonnement des FDLR, prévu sur une période d’un an. Lors d’un briefing au Conseil de sécurité, le chef de la MONUSCO, James Swan, a confirmé que ce processus faisait partie des efforts diplomatiques engagés dans le cadre du processus de Washington.
Le rapport onusien souligne ainsi une équation particulièrement complexe : alors que la neutralisation des FDLR demeure l’un des enjeux sécuritaires invoqués dans le conflit, les opérations menées contre le groupe armé exposent également les populations civiles aux conséquences des combats et des déplacements. Dans le même temps, les FDLR continuent elles-mêmes d’être impliquées dans des violations des droits humains documentées par les Nations unies.





























