La lutte contre l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo reste un défi majeur pour les autorités sanitaires en République démocratique du Congo. Selon le rapport de situation de la Task Force présidentielle daté du 18 octobre 2026, le pays totalise désormais 9 552 cas confirmés et 4 602 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %.
Au cours des dernières 24 heures couvertes par le rapport, 97 nouveaux cas confirmés ont été notifiés : 48 au Nord-Kivu, 42 en Ituri et 7 dans le Haut-Uélé. Dans le même intervalle, 41 décès ont été enregistrés, dont 30 survenus dans les communautés et 11 dans les centres de traitement.
Ces chiffres témoignent de la persistance d’une transmission importante. L’épidémie touche désormais 66 zones de santé réparties dans huit provinces, étendant la pression sur les services de surveillance, les structures de prise en charge et les équipes chargées de retrouver les personnes exposées au virus.
L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie
L’Ituri concentre près de 73 % des cas confirmés cumulés, ce qui en fait le principal foyer de l’épidémie. La situation y exige une vigilance soutenue, notamment dans les zones de santé où les nouvelles infections continuent d’être signalées.
Malgré cette évolution préoccupante, des patients ont pu se rétablir. Le bilan communiqué par la Task Force fait état de 2 550 guérisons, tandis que 937 patients sont actuellement pris en charge. Ces données illustrent à la fois les efforts déployés pour soigner les personnes infectées et l’ampleur des besoins sanitaires persistants.
La proportion importante de décès survenus dans les communautés constitue également un signal préoccupant. Elle souligne l’importance de reconnaître rapidement les symptômes, d’orienter sans délai les personnes suspectes vers les structures adaptées et de renforcer la confiance entre les populations et les équipes de riposte.
Le suivi des contacts, un maillon fragile
L’un des principaux points d’alerte concerne le suivi des contacts, dont la couverture est tombée à 76,9 %, selon le rapport. Ce niveau reste inférieur à l’objectif de 95 % évoqué par les autorités dans leur dispositif de surveillance. À Bunia, la situation est particulièrement préoccupante : le taux rapporté n’y atteint que 26 %.
Le suivi des contacts consiste à identifier les personnes ayant pu être exposées à un cas confirmé, à les retrouver et à surveiller leur état de santé pendant la période nécessaire. Cette démarche permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes et de limiter le risque que de nouvelles infections passent inaperçues.
Lorsque des contacts ne peuvent être localisés ou suivis régulièrement, les équipes sanitaires perdent une capacité essentielle à anticiper les chaînes de transmission. Les difficultés observées à Bunia appellent donc une attention particulière, avec des actions adaptées aux réalités locales : mobilisation communautaire, amélioration de la communication avec les habitants et renforcement des moyens opérationnels de surveillance.
Renforcer la riposte pour freiner la transmission
Face à la progression des cas, l’enjeu est de maintenir les capacités de prise en charge tout en améliorant la détection précoce, la recherche des contacts et la prévention au sein des communautés. La coordination entre les autorités sanitaires, les équipes de terrain et les partenaires doit permettre de concentrer les moyens là où les besoins sont les plus urgents.
L’épidémie due au virus Bundibugyo présente une difficulté supplémentaire : contrairement à certaines autres souches du virus Ebola, elle ne dispose actuellement ni d’un vaccin homologué spécifiquement contre cette souche ni d’un traitement spécifique approuvé. La détection rapide, les soins de soutien, les mesures de prévention et le suivi rigoureux des personnes exposées demeurent donc des composantes centrales de la réponse.
Le bilan du 18 octobre met ainsi en évidence deux réalités simultanées : la poursuite des efforts de prise en charge, avec des milliers de guérisons enregistrées, et la persistance de foyers de transmission qui exigent une réponse renforcée. Pour les autorités congolaises, l’amélioration du suivi des contacts en particulier dans les zones où les résultats sont les plus faibles représente un levier déterminant pour tenter d’inverser la dynamique de l’épidémie.






























