GENÈVE — Quelques heures après son intervention devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, S.E. Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains de la République démocratique du Congo, a présenté, le 2 octobre 2026 à Genève, un compte rendu devant la presse internationale, des diplomates et différentes délégations présentes au Palais des Nations.
Au centre de cet exercice : le point 10 de l’ordre du jour, consacré à l’assistance technique et au renforcement des capacités en matière de droits humains. Pour le ministre congolais, ce cadre ne pouvait toutefois être dissocié de la situation concrète des droits humains en RDC, particulièrement dans l’Est du pays. Le Conseil des droits de l’homme tient sa 63ᵉ session du 7 septembre au 7 octobre 2026 à Genève.
L’assistance technique doit répondre aux besoins de la RDC
Samuel Mbemba Kabuya a expliqué que la RDC souhaite que l’assistance technique internationale et le renforcement des capacités soient davantage orientés vers les besoins concrets des institutions congolaises.
Le ministre a notamment rappelé les priorités déjà présentées devant le Conseil : lutte contre l’impunité, justice transitionnelle, renforcement de la médecine légale, protection des droits humains dans le secteur extractif et renforcement des capacités des institutions et des agents publics.
Cette approche s’inscrit dans la volonté affichée par Kinshasa de transformer l’appui international en capacités opérationnelles durables, plutôt qu’en simples engagements institutionnels.
Le ministre s’est par ailleurs félicité des interventions qui, selon son compte rendu, ont réaffirmé le principe de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC, ainsi que la nécessité du retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Violations dans l’Est : Kinshasa maintient la pression diplomatique
Le compte rendu du ministre a également porté sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.
Samuel Mbemba a dénoncé les violences sexuelles, les enrôlements d’enfants, les déplacements forcés, les disparitions et les massacres attribués par Kinshasa au Rwanda et à ses supplétifs de l’AFC/M23. Le ministère des Droits humains rapporte également que le ministre a évoqué des crimes internationaux, dont le génocide, dans son intervention devant le Conseil.
Cette dénonciation intervient alors que les Nations unies continuent de présenter la situation sécuritaire comme un facteur majeur de vulnérabilité des droits humains en RDC. Le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Paul Nsapu, a lui aussi souligné, lors de la session du 2 octobre, le poids de la situation sécuritaire sur la protection des droits humains.
Pour Kinshasa, l’objectif est donc de maintenir la situation congolaise au centre de l’attention internationale et de faire du Conseil des droits de l’homme un espace de mobilisation en faveur de la protection des populations civiles.
« Un sentiment du devoir accompli »
Au terme de son intervention et des échanges qui ont suivi, Samuel Mbemba Kabuya a estimé que la délégation congolaise avait porté les principaux messages de Kinshasa.
Le ministre a également relevé que plusieurs intervenants avaient salué les efforts entrepris par la RDC dans le domaine des droits humains et sa collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
Cette reconnaissance, selon lui, vient conforter les efforts engagés par le gouvernement sur le terrain, notamment en matière de justice transitionnelle, de lutte contre l’impunité et de renforcement des institutions. Quelques jours avant son déplacement à Genève, le ministre avait lancé à Kinshasa un cadre de concertation consacré à la mise en œuvre de la justice transitionnelle, avec l’appui du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme.
Au terme de son compte rendu, le ministre a réitéré l’appel de la RDC à la communauté internationale et particulièrement au Rwanda. Kinshasa demande à Kigali de tenir compte des positions exprimées au sein des instances internationales et de retirer ses troupes du territoire congolais.
« Nous avons demandé au Rwanda d’écouter la voix des nations », a résumé Samuel Mbemba Kabuya, estimant que la communauté internationale avait suffisamment exprimé ses préoccupations.
À Genève, le message congolais aura ainsi reposé sur un double axe : obtenir un accompagnement international davantage adapté aux besoins de la RDC et maintenir la pression diplomatique sur la question des violations des droits humains dans l’Est du pays.





























