New York — La voix de la République démocratique du Congo s’est fait entendre au Conseil de sécurité des Nations unies sur l’avenir du maintien de la paix. À la 10 226e séance de l’organe chargé de la paix et de la sécurité internationales, Nicolas Mupepe Matomene, ministre-conseiller et coordonnateur politique adjoint de la Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies, a défendu une transformation des opérations de paix, avec un message central : leur rationalisation ne doit pas conduire à un affaiblissement de leur capacité d’action.
« Rationaliser ne peut devenir le synonyme de renoncer », a déclaré le diplomate congolais, résumant la position portée par Kinshasa dans ce débat sur l’évolution des opérations de maintien de la paix.
Cette intervention intervient alors que les Nations unies sont confrontées à des conflits de plus en plus complexes, à des environnements sécuritaires mouvants et à des contraintes financières qui poussent l’Organisation à revoir l’empreinte et les capacités de plusieurs missions.
Pour la RDC, la réponse ne peut toutefois pas se limiter à réduire les effectifs, les coûts ou la présence opérationnelle. Nicolas Mupepe Matomene a défendu l’idée qu’une mission doit avant tout disposer des capacités correspondant au mandat qui lui est confié.
Nicolas Mupepe Matomene, relais de la diplomatie congolaise au Conseil de sécurité
La prise de parole du diplomate s’inscrit dans les responsabilités qu’il exerce au sein de la représentation congolaise à New York. La Mission permanente de la RDC le présente officiellement comme ministre-conseiller et coordonnateur politique adjoint auprès du Conseil de sécurité.
Cette fonction place Nicolas Mupepe Matomene au cœur du travail diplomatique congolais consacré aux questions de paix et de sécurité internationales.
Cette fonction place Nicolas Mupepe Matomene au cœur du travail diplomatique congolais consacré aux questions de paix et de sécurité internationales.
Son intervention devant le Conseil de sécurité donne ainsi une dimension institutionnelle à une préoccupation directement liée à l’expérience congolaise : celle d’un pays qui accueille depuis plusieurs décennies une opération de maintien de la paix des Nations unies.
La MONUSCO, créée en 2010 en remplacement de la MONUC, demeure l’une des principales références lorsqu’est évoquée l’évolution des opérations de paix de l’ONU. Son mandat actuel, renouvelé par la résolution 2808 du Conseil de sécurité, court jusqu’au 20 décembre 2026.
« À la place » ou « avec » les États ?
L’un des axes forts du discours congolais concerne précisément la relation entre les missions internationales et les pays dans lesquels elles sont déployées.
Pour Nicolas Mupepe Matomene, le partenariat avec l’État hôte doit être permanent, substantiel et fondé sur une responsabilité partagée. L’avenir des opérations de paix, a-t-il défendu, doit se construire avec les États concernés et non à leur place.
Cette position place la question de l’appropriation nationale au cœur du débat sur la réforme du maintien de la paix.
Dans cette perspective, la mission internationale ne devrait pas être considérée uniquement comme un dispositif militaire ou sécuritaire. Elle doit également pouvoir accompagner les processus politiques, soutenir les mécanismes de cessez-le-feu et contribuer à créer les conditions nécessaires au règlement des conflits.
Du maintien de la paix à la consolidation de la paix
Kinshasa plaide ainsi pour une articulation plus étroite entre plusieurs instruments de l’action internationale : maintien de la paix, consolidation de la paix, prévention et médiation.
Pour la délégation congolaise, les mandats doivent pouvoir évoluer en fonction de la situation sur le terrain. Une mission confrontée à une transformation du conflit devrait pouvoir adapter ses priorités, ses capacités et ses instruments, plutôt que rester enfermée dans un cadre devenu inadapté.
« Lorsque la paix existe, il faut pouvoir la préserver. Lorsqu’elle demeure fragile, il faut pouvoir la consolider. Et lorsqu’elle s’éloigne, il faut disposer des instruments politiques et diplomatiques permettant d’en recréer les conditions », a expliqué le diplomate congolais.
Cette approche revient à considérer le maintien de la paix comme un processus évolutif, articulé aux mécanismes politiques de règlement des conflits.
Une diplomatie congolaise qui défend une réforme du multilatéralisme
Au-delà du dossier de la MONUSCO, l’intervention de Nicolas Mupepe Matomene inscrit la RDC dans le débat plus large sur l’avenir du multilatéralisme sécuritaire.
Pour Kinshasa, la question n’est pas uniquement de savoir combien de soldats ou de ressources une mission internationale doit engager, mais aussi comment rendre son action cohérente avec les réalités politiques et sécuritaires du pays concerné.
Le diplomate congolais a notamment insisté sur la nécessité de rapprocher la lecture faite par une mission de la situation sur le terrain de celle de l’État et des populations qu’elle accompagne et protège.
Cette approche rejoint une préoccupation régulièrement exprimée par les pays hôtes des opérations de paix : participer davantage à la définition des priorités, à l’évaluation des résultats et à l’évolution des mandats.
Nicolas Mupepe Matomene, une voix congolaise dans le débat sur l’avenir des opérations de paix
À travers cette intervention, Nicolas Mupepe Matomene apparaît comme l’un des relais de la diplomatie congolaise sur les questions liées au Conseil de sécurité et au maintien de la paix. Son message est articulé autour de trois exigences défendues par Kinshasa : des mandats adaptés, des moyens à la hauteur des responsabilités confiées aux missions et un partenariat durable avec les États concernés.
Pour la RDC, l’enjeu est particulièrement concret. Le pays est à la fois un État directement concerné par les mécanismes de maintien de la paix et un acteur diplomatique appelé à participer aux discussions sur leur réforme.
Dans cette configuration, la diplomatie congolaise cherche à faire de son expérience de terrain un argument dans la réflexion internationale sur l’avenir des opérations de paix.
Au Conseil de sécurité, Nicolas Mupepe Matomene a ainsi porté une position qui dépasse le seul cadre congolais : réformer le maintien de la paix sans perdre de vue sa finalité première — disposer des moyens politiques, humains et opérationnels nécessaires pour protéger les populations et accompagner les processus de paix.





























