Un rapport du Consortium Mazingira Pour Tous, réalisé avec l’appui technique de Resource Matters, met en évidence des niveaux préoccupants de pollution atmosphérique dans la localité de Manomapia, à Fungurume, dans la province du Lualaba, à proximité de l’usine 30K de Tenke Fungurume Mining (TFM).
L’étude, menée entre novembre 2025 et juillet 2026, repose sur le suivi de 209 participants, des mesures de qualité de l’air et 47 témoignages communautaires. Ses auteurs affirment avoir documenté des épisodes importants de pollution au dioxyde de soufre (SO₂), ainsi qu’une fréquence élevée de symptômes rapportés par les habitants.
Un pic à 1 834 µg/m³
Le résultat le plus marquant du rapport concerne un pic de concentration de SO₂ mesuré à 1 834 µg/m³, soit environ 3,7 fois la valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé de 500 µg/m³ sur dix minutes.
Pour les auteurs de l’étude, ces mesures constituent un signal d’alerte nécessitant des investigations complémentaires sur les sources et la fréquence des émissions.
Le rapport établit également une comparaison avec une zone considérée comme témoin, Mutende. L’écart entre les deux sites apparaît particulièrement marqué concernant les nuisances olfactives et les symptômes irritatifs.
À Manomapia, 90,3 % des personnes interrogées déclarent avoir perçu une odeur irritante, contre 0 % à Mutende. Le rapport relève également une forte prévalence de symptômes respiratoires et oculaires chez les habitants de la zone étudiée.
Les auteurs présentent ces résultats comme des éléments concordants avec une exposition à des polluants atmosphériques, tout en appelant à des investigations indépendantes permettant notamment de déterminer précisément l’origine des émissions et leur impact sanitaire.
Une enquête menée au sein des communautés
L’étude ne repose pas uniquement sur des mesures atmosphériques. Elle associe données environnementales et informations recueillies auprès des populations riveraines.
Les 47 témoignages communautaires recueillis dans le cadre de l’enquête documentent les perceptions des habitants concernant les odeurs, les fumées et différents symptômes ressentis dans leur environnement quotidien.
Cette approche vise à mettre en relation les mesures de pollution avec l’expérience des populations vivant à proximité de l’installation industrielle.
Le rapport insiste toutefois sur la nécessité de poursuivre les investigations. Les données recueillies permettent de documenter une situation préoccupante, mais une expertise indépendante demeure nécessaire pour établir de manière robuste les relations entre les émissions mesurées, leur origine et leurs conséquences sanitaires.
Le rapport demande une vérification indépendante
Face aux résultats obtenus, le Consortium Mazingira Pour Tous demande aux autorités congolaises de diligenter une inspection mixte et indépendante de la qualité de l’air autour de l’usine 30K.
Les organisations recommandent également l’adoption d’une norme nationale de qualité de l’air, ainsi que la mise en place d’un système de surveillance permettant aux populations d’accéder aux données relatives à la pollution atmosphérique.
Le rapport formule aussi des recommandations directement adressées à TFM : installation de systèmes de filtration appropriés, renforcement des dispositifs de contrôle des émissions et publication des données de surveillance en temps réel.
Le rapport indique que quatre parties ont été sollicitées pour exercer leur droit de réponse : le ministère des Mines, le gouvernement provincial du Lualaba, le bourgmestre de Fungurume et TFM.
Selon les auteurs, seule TFM a répondu, le 5 septembre 2026. Sa réponse est intégrée au rapport.
Cette divergence entre les données recueillies par l’enquête et les éléments communiqués par l’entreprise constitue précisément l’un des enjeux soulevés par le document : disposer de données indépendantes, régulières et accessibles permettant de vérifier objectivement la qualité de l’air autour de l’installation.
Le rapport de Mazingira Pour Tous et Resource Matters ne se limite donc pas à dénoncer une pollution présumée. Il pose une question de mesure, de contrôle et de transparence.
À Manomapia, une concentration de SO₂ de 1 834 µg/m³ a été relevée dans le cadre de l’étude, tandis qu’une proportion importante des habitants interrogés signale des nuisances et des symptômes. Les auteurs demandent maintenant que ces résultats soient confrontés à une surveillance indépendante et continue.





























