Le gouvernement congolais veut faire du budget un instrument de financement de ses principales priorités : défense et sécurité, éducation, santé et infrastructures. C’est le message porté lors du dernier Panel du Gouvernement par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, et son collègue de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public.
La présentation intervient alors que l’Exécutif poursuit la mise en œuvre de sa trajectoire budgétaire et des réformes de l’administration publique. Pour 2026, la loi de finances initiale avait été arrêtée autour de 54 336 milliards de francs congolais, avant une révision en cours d’exercice. Le collectif budgétaire présenté par Adolphe Muzito a ensuite été ramené à environ 50 496 milliards de francs congolais après son adoption par l’Assemblée nationale.
Financer les priorités de l’État
Le gouvernement présente la progression des ressources publiques comme un levier permettant de renforcer progressivement le financement des secteurs prioritaires.
Dans les orientations budgétaires officielles, la défense et la sécurité occupent une place importante, parallèlement aux infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires. Le gouvernement prévoit également une progression graduelle de la pression fiscale afin d’accroître les ressources propres de l’État.
Le collectif budgétaire 2026 a notamment intégré une révision des perspectives économiques, avec une croissance désormais projetée à 5,6 %, contre 5,3 % dans les prévisions initiales, selon les données présentées au Parlement.
Maîtriser les effectifs et réformer l’administration
L’autre volet de la présentation concerne directement les agents et fonctionnaires de l’État.
Le gouvernement met en avant la maîtrise des effectifs, le dialogue social et l’implication des partenaires dans les processus de réforme. L’objectif affiché est de moderniser une administration appelée à améliorer la qualité et l’efficacité du service public.
Cette réforme touche notamment la gestion des ressources humaines de l’État, la maîtrise de la masse salariale et la modernisation des outils administratifs.
Le gouvernement inscrit également cette démarche dans une perspective de meilleure rémunération des agents publics. Dans sa trajectoire budgétaire, le ministère du Budget prévoit à moyen terme d’augmenter les capacités de financement de l’État afin de dégager davantage de ressources pour les salaires, la sécurité et les infrastructures.
Le discours gouvernemental évoque également la capacité d’endettement de la RDC. Ce point doit cependant être distingué du niveau réel de la dette publique.
Selon le document officiel sur les risques budgétaires accompagnant le budget 2026, la dette de l’administration centrale représentait 18,49 % du PIB à fin 2024, pour un encours nominal de 13,17 milliards de dollars.
La question est donc moins celle d’un endettement déjà équivalent à 100 % du PIB que celle de la marge d’endettement que les autorités estiment pouvoir mobiliser pour financer leurs politiques publiques, dans le respect de la soutenabilité des finances publiques.
Du budget au quotidien des fonctionnaires
La présentation des deux vice-Premiers ministres cherche ainsi à relier deux dimensions de l’action gouvernementale : la mobilisation des ressources et la transformation de l’appareil d’État.
Pour le Budget, l’enjeu consiste à accroître les recettes et à orienter les dépenses vers les priorités retenues. Pour la Fonction publique, il s’agit de maîtriser les effectifs, améliorer la gestion des agents et moderniser les services.
Le gouvernement veut ainsi faire du budget non seulement un document comptable, mais un outil destiné à financer les politiques publiques et à améliorer progressivement le fonctionnement de l’État.
La réussite de cette trajectoire dépendra toutefois de deux éléments : la capacité réelle de mobilisation des recettes et l’efficacité de l’exécution des dépenses. C’est sur ces deux terrains que se mesurera concrètement l’impact des réformes annoncées sur les services publics et les conditions de travail des agents de l’État.





























