La situation sécuritaire en Ituri entraîne de nouvelles conséquences économiques et sociales pour les populations. Depuis le samedi 17 octobre 2026, les transporteurs et camionneurs observent un mouvement de grève qui paralyse la circulation sur la Route nationale 27 (RN27), reliant Bunia à Mahagi. Selon les informations relayées par la Société civile du Congo (SOCICO), cette interruption intervient après la récurrence des embuscades, des tueries et des actes d’extorsion attribués à des groupes armés opérant dans la région.
Au sixième jour du mouvement, le blocage ne se limite plus aux difficultés rencontrées par les professionnels du transport. Il affecte progressivement l’approvisionnement des marchés et fait peser un risque accru sur les ménages qui dépendent de cette route pour accéder aux denrées alimentaires et aux produits de première nécessité.
Face à cette situation, la sous-coordination de Ngote de la SOCICO appelle les autorités provinciales à prendre des mesures urgentes afin de rétablir la circulation dans des conditions de sécurité acceptables.
La sécurité des transporteurs au cœur du blocage
Le mouvement de débrayage traduit les inquiétudes des transporteurs confrontés, selon les informations rapportées, à la répétition des attaques et des extorsions sur cet axe routier. En suspendant leurs activités, ils réclament des garanties de sécurité pour leurs déplacements et pour le transport des marchandises.
La SOCICO demande notamment la mise en place d’escortes sécuritaires pour les véhicules de transport, en particulier les camions acheminant des marchandises vers les centres de consommation. Cette mesure permettrait, selon la société civile, de faciliter une reprise du trafic tout en limitant l’exposition des conducteurs et de leurs cargaisons aux risques liés à l’insécurité.
La sécurisation de la RN27 représente un enjeu important pour la mobilité des personnes et la continuité des échanges commerciaux entre Bunia, Mahagi et les localités desservies par cet axe. Tant que la circulation reste interrompue, les marchandises peinent à atteindre les marchés dans des conditions normales, accentuant les difficultés des commerçants et des consommateurs.
L’approvisionnement des marchés sous pression
Les premières répercussions du blocage se font déjà sentir à travers la hausse des prix de certains produits de première nécessité, selon les éléments communiqués par la société civile. La perturbation des circuits d’approvisionnement réduit la disponibilité des marchandises et risque d’alourdir les dépenses des ménages, particulièrement ceux disposant de revenus limités.
La SOCICO avertit ainsi que la paralysie prolongée de la RN27 pourrait dépasser le cadre d’une crise du transport pour prendre une dimension socio-économique et humanitaire. Si les perturbations persistent, les populations les plus vulnérables pourraient rencontrer davantage de difficultés à se procurer des denrées alimentaires et d’autres biens essentiels.
Cette situation rappelle le lien étroit entre sécurité routière, circulation des marchandises et sécurité alimentaire. Dans une province confrontée depuis plusieurs années à des violences armées, la continuité des axes de communication constitue un facteur déterminant pour l’accès aux biens, aux services et aux moyens de subsistance.
La société civile réclame aussi le désarmement des milices
Au-delà des mesures immédiates de sécurisation, la société civile demande aux autorités d’accélérer le processus de désarmement et de démobilisation des milices locales présentes dans la zone depuis la résurgence des conflits armés en décembre 2017.
Pour la SOCICO, les escortes sécuritaires peuvent contribuer à rétablir temporairement la circulation, mais elles ne suffisent pas à régler les causes profondes de l’insécurité. Une réponse durable suppose également des actions visant à réduire la capacité de nuisance des groupes armés et à restaurer un environnement permettant aux transporteurs d’exercer leurs activités sans craindre les attaques ou les extorsions.
Le défi des autorités provinciales consiste donc à concilier l’urgence — sécuriser les convois et rétablir les échanges — avec une stratégie plus durable de stabilisation de la zone.
La reprise du trafic sur la RN27 apparaît désormais essentielle pour limiter l’aggravation des difficultés économiques des ménages et prévenir une détérioration de la situation alimentaire. En appelant à des mesures rapides, la SOCICO place les autorités devant un double impératif : garantir la sécurité des usagers de la route et préserver l’approvisionnement des populations de l’Ituri.






























