La Coalition Article 64 (C64), qui rassemble plusieurs figures de l’opposition congolaise, se prépare à une concertation entre ses cinq principaux dirigeants. Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Augustin Matata Ponyo sont annoncés à Bruxelles pour des discussions destinées à définir une position commune face aux derniers développements politiques en République démocratique du Congo.
Selon des informations rapportées le 20 octobre par plusieurs médias congolais, cette réunion doit notamment permettre aux responsables de la coalition d’examiner les conséquences de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), placé sous la direction de Joseph Kabila. Les démarches visant à réunir les dirigeants concernés seraient en cours.
Le FRN au centre des discussions
La création du FRN, annoncée le 12 octobre, a placé l’opposition congolaise devant une question politique sensible. L’ancien président Joseph Kabila dirige désormais un mouvement politico-militaire intégrant l’ancienne Alliance Fleuve Congo et le M23. Cette évolution suscite des interrogations sur les rapports entre les différentes composantes de l’opposition et sur la place qu’elles entendent accorder à l’ancien chef de l’État.
La réunion de la C64 devrait ainsi permettre à ses responsables de clarifier leur lecture de cette nouvelle configuration. Au-delà de leurs divergences politiques avec le pouvoir de Kinshasa, les cinq dirigeants doivent déterminer les limites de leur coopération avec les acteurs qui contestent les institutions ou défendent une stratégie de confrontation armée.
La question est d’autant plus importante que la coalition s’est construite autour d’un objectif institutionnel précis : s’opposer à toute initiative visant à modifier la Constitution. Elle cherche également à fédérer les forces opposées à la gouvernance actuelle et à faire entendre leurs revendications par des actions politiques et citoyennes.
Une unité confrontée à des sensibilités différentes
La C64 réunit des personnalités aux trajectoires et aux stratégies distinctes. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Augustin Matata Ponyo partagent certaines critiques à l’égard du pouvoir, mais leur capacité à adopter une position commune sur le FRN constitue désormais un enjeu particulier.
Les débats portent notamment sur la manière de répondre à l’initiative de Joseph Kabila et sur la distinction à établir entre opposition politique et recours aux armes. Martin Fayulu a notamment défendu une voie politique et institutionnelle, tandis que les positions des autres responsables doivent être appréciées à partir de leurs déclarations publiques et des décisions officielles de leurs formations respectives.
Pour l’heure, il convient de ne pas confondre les discussions annoncées avec une décision déjà arrêtée par la coalition. La tenue de la réunion et la publication de conclusions communes permettront de mesurer le degré de convergence entre ses dirigeants.
Une déclaration commune attendue
Cette concertation intervient dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires dans l’Est du pays, les débats sur l’avenir des institutions et les appels à un dialogue politique. La position que prendra la C64 pourrait préciser les contours de sa stratégie dans les prochaines semaines, notamment sur la défense de la Constitution, la recherche d’une solution à la crise politique et les conditions d’un dialogue inclusif.
La réunion de Bruxelles représente donc une occasion pour les cinq dirigeants de confronter leurs analyses et de chercher un terrain d’entente. Leur défi sera de préserver leur capacité d’action collective tout en clarifiant leurs divergences sur une question qui touche directement à la sécurité nationale et à l’ordre constitutionnel.
La portée politique de cette rencontre dépendra finalement des conclusions qui seront rendues publiques. Une déclaration commune permettrait de préciser la ligne de la C64 face au FRN ; en l’absence d’un accord, les différences entre ses dirigeants resteraient au cœur des interrogations sur l’avenir de la coalition.






























