La situation militaire évolue dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Les combattants Wazalendo, alliés aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont repris deux positions précédemment disputées avec la coalition formée par les combattants de Twirwaneho, Red-Tabara et de l’AFC/M23.
Selon des informations rapportées le 12 octobre par la presse locale, les positions de Timbyangoma et de Kwasabuni/Rugezi ont été reprises le dimanche 11 octobre, après des affrontements survenus samedi et dimanche matin. Ces opérations constituent une évolution importante dans une zone où les groupes armés se disputent le contrôle de plusieurs localités stratégiques.
Les combats se poursuivent néanmoins dans certaines parties des hauts plateaux, notamment autour de Minembwe et dans le secteur de Lulenge. La reprise de ces positions ne signifie donc pas un retour général au calme dans le territoire de Fizi.
Deux positions reprises dans un contexte de combats persistants
Les opérations menées par les Wazalendo s’inscrivent dans une dynamique plus large de reconquête de positions dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. À Fizi, les affrontements opposent les forces gouvernementales et leurs alliés à des groupes armés dont les activités continuent de fragiliser la sécurité des populations.
Des sources locales ont également signalé des bombardements par drones contre des villages et des positions récemment reconquises, imputés à l’armée rwandaise. Ces informations n’ont toutefois pas été vérifiées de manière indépendante et doivent être considérées avec prudence.
Dans le territoire voisin d’Uvira, des affrontements ont aussi été signalés dans le groupement de Bijombo, notamment à Masango, où les FARDC et les Wazalendo auraient repoussé une attaque de la coalition armée. Ces développements illustrent l’étendue des tensions sécuritaires dans les hauts plateaux et la difficulté de stabiliser durablement les zones concernées.
Pour les populations civiles, la poursuite des combats entraîne des risques supplémentaires, notamment les déplacements, les perturbations des activités économiques et l’accès limité aux écoles, aux routes et aux structures de santé.
Plus de 60 combattants déposent les armes
En parallèle des opérations militaires, l’administrateur du territoire de Fizi, Samy Kalonji, a annoncé la reddition de plus de 60 combattants auprès des FARDC depuis le début du mois d’octobre. Selon lui, cette évolution serait liée aux campagnes de sensibilisation menées par l’armée, mais aussi aux conditions de vie difficiles au sein des groupes armés, aux injustices rapportées entre combattants et aux pertes subies sur le terrain.
Ces chiffres doivent être distingués des annonces antérieures de l’armée. Le 7 octobre, les FARDC avaient notamment fait état de la reddition de 17 combattants de la coalition AFC/M23-Twiraneho dans les localités d’Abala, Nyaruhinga et Kabanja, dans les hauts plateaux de Fizi. Un autre combattant avait été capturé au cours des opérations.
La société civile voit dans ces redditions un élément à prendre en compte dans l’évolution du rapport de force. Elles peuvent contribuer à réduire les effectifs des groupes armés, à condition que les combattants qui déposent les armes soient pris en charge dans le respect des procédures applicables et que les mécanismes de désarmement, démobilisation et réintégration soient effectivement mis en œuvre.
La paix reste tributaire d’une stabilisation durable
Malgré les avancées annoncées, les autorités territoriales mettent en garde contre les conséquences prolongées des hostilités. Samy Kalonji souligne notamment les dégâts subis par les infrastructures, les perturbations de la vie scolaire et les difficultés rencontrées par les structures sanitaires. Il estime également que la reprise des violences compromet les efforts de réconciliation intercommunautaire engagés dans la région.
La reconquête de Timbyangoma et de Kwasabuni/Rugezi, conjuguée aux redditions annoncées, représente ainsi un développement notable dans les opérations en cours au Sud-Kivu. Mais l’enjeu dépasse le contrôle militaire des positions : il s’agit de sécuriser les villages, de protéger les civils et de rétablir les conditions nécessaires à la reprise des activités quotidiennes.
La stabilisation des hauts plateaux exigera donc la poursuite des efforts de sécurité, un suivi rigoureux des redditions et un engagement durable en faveur de la réconciliation. Tant que les affrontements se poursuivront autour de Minembwe et dans le secteur de Lulenge, les gains territoriaux resteront fragiles et la population continuera de payer le prix de l’insécurité.





























