La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, transforme ses félicitations à Navi Pillay en un message diplomatique centré sur la justice pour les victimes congolaises. Dans sa déclaration publiée le 9 octobre, elle rappelle le rôle de l’ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme dans la publication du Rapport Mapping, document de référence sur les violations graves commises en République démocratique du Congo.
« Cette distinction rappelle que le droit international s’impose à tous les États, ainsi qu’à ceux qui soutiennent des groupes armés », souligne la cheffe de la diplomatie congolaise. Elle affirme également : « Nous restons déterminés à mettre fin à l’impunité pour l’agression et les violences infligées à notre peuple. Nul n’est au-dessus du droit ; la lumière de la justice demeure. »
Ces mots ne relèvent pas seulement du protocole. Ils expriment une orientation politique : utiliser les tribunes internationales pour maintenir la question des violences en RDC au centre des préoccupations, rappeler les obligations des États et défendre la nécessité d’une réponse fondée sur le droit. Cette démarche prend une importance particulière alors que les initiatives diplomatiques pour mettre fin au conflit dans l’Est du pays se poursuivent.
Le Rapport Mapping, un fondement du plaidoyer congolais
Publié en 2010 par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, sous le mandat de Navi Pillay, le Rapport Mapping a recensé 617 incidents parmi les violations les plus graves commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003. Il a notamment mis en évidence les défis liés à la lutte contre l’impunité et examiné des pistes pour renforcer les mécanismes de justice. Le document constitue une référence importante, sans se substituer à des décisions judiciaires établissant les responsabilités pénales individuelles.
En rappelant ce rapport à l’occasion du Nobel de la paix attribué à Navi Pillay, Thérèse Kayikwamba Wagner relie la mémoire des crimes documentés aux exigences actuelles de justice. Son message souligne que la recherche de la paix ne saurait effacer les souffrances des victimes ni écarter la question des responsabilités.
Cette position s’inscrit dans un contexte où Kinshasa défend la souveraineté nationale, la protection des civils et la fin des soutiens aux groupes armés. Elle met en avant une approche selon laquelle les négociations politiques et les mécanismes de justice doivent se compléter. L’objectif est de faire en sorte que les engagements diplomatiques se traduisent par une amélioration concrète de la sécurité et par une réponse aux violations des droits humains.
À Genève, la Mission permanente traduit cette priorité en action multilatérale
Cette orientation trouve un relais institutionnel à Genève, où la Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies et des institutions spécialisées est dirigée par l’ambassadeur Paul Empole Efambe. Le Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et les autres mécanismes onusiens offrent des espaces où la RDC peut exposer ses préoccupations, défendre ses positions et contribuer aux discussions internationales sur les violations commises sur son territoire.
La présence congolaise dans ces enceintes est un levier important pour maintenir la situation des droits humains en RDC à l’agenda multilatéral. Elle permet de relier les orientations exprimées à Kinshasa aux travaux institutionnels de Genève, notamment sur la documentation des violations, la protection des victimes et la responsabilité au regard du droit international.
La mission de Paul Empole Efambe s’inscrit ainsi dans un dispositif diplomatique plus large : porter les priorités congolaises auprès des partenaires et des institutions internationales, participer aux débats et soutenir les démarches visant à faire respecter les obligations internationales. Cette action doit toutefois être appréciée à partir des interventions et initiatives documentées, sans attribuer à la Mission des résultats précis qui ne seraient pas publiquement établis.
En mettant la justice au centre de son message, Thérèse Kayikwamba Wagner donne une orientation claire à ce plaidoyer : la question congolaise ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle sécuritaire, mais aussi à travers les droits des victimes et l’exigence de responsabilité.
Faire de la justice une condition de paix durable
La déclaration de la ministre associe trois dimensions : la mémoire des crimes, la défense du droit international et la mobilisation diplomatique. Elle rappelle que la paix durable ne dépend pas seulement de la conclusion d’accords, mais aussi de leur mise en œuvre, de la protection des populations et de la lutte contre l’impunité.
Pour la diplomatie congolaise, l’enjeu est désormais de maintenir cette cohérence entre le discours politique, les démarches multilatérales à Genève et les mécanismes concrets de justice. Le travail de la Mission permanente, sous la direction de Paul Empole Efambe, constitue un relais de cette mobilisation auprès des institutions onusiennes.
En félicitant Navi Pillay, Thérèse Kayikwamba Wagner saisit donc une reconnaissance internationale pour rappeler une revendication fondamentale de la RDC : les victimes doivent rester au cœur des efforts de paix, et aucun État ne peut se soustraire aux exigences du droit international. À Genève comme dans les autres enceintes internationales, la priorité est de faire de cette exigence un engagement suivi et des avancées tangibles pour la justice.





























