Téhéran — Le risque d’une nouvelle extension géographique de la guerre au Moyen-Orient franchit un nouveau seuil. Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, a averti jeudi 24 septembre que Téhéran pourrait étendre le conflit jusqu’à l’océan Indien si les États-Unis ou Israël lançaient de nouvelles attaques contre l’Iran.
Dans une déclaration vidéo diffusée par l’agence iranienne Fars, Safavi a affirmé que les forces iraniennes avaient préparé des scénarios pour faire face à une éventuelle reprise des hostilités. Selon lui, alors que le conflit s’est déjà étendu du golfe Persique et du détroit d’Ormuz à la mer Rouge, une nouvelle phase pourrait porter le front jusqu’à l’océan Indien, voire au-delà.
Il s’agit de la première déclaration publique d’un conseiller du guide suprême mentionnant explicitement l’océan Indien comme possible extension du conflit.
D’Ormuz à Bab el-Mandeb
Cette menace intervient dans une région où plusieurs passages maritimes stratégiques sont déjà sous pression. Le détroit d’Ormuz, entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, constitue l’un des principaux corridors énergétiques mondiaux. Plus à l’ouest, le détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une voie essentielle entre l’océan Indien, le canal de Suez et les marchés européens.
Safavi a également évoqué le rôle des Houthis au Yémen, affirmant que les deux parties partageaient un « destin commun ». Téhéran soutient politiquement et militairement les Houthis, mais affirme ne pas être directement impliqué dans leurs opérations au Yémen.
La situation maritime est déjà fortement perturbée. Des affrontements et attaques autour de la mer Rouge et du détroit d’Ormuz ont affecté les routes commerciales et énergétiques, tandis que les tensions dans la région ont entraîné des perturbations du trafic maritime. Reuters rapportait encore cette semaine une intensification des combats au Yémen autour de zones situées entre les côtes de la mer Rouge et celles donnant sur l’océan Indien.
Une menace dans un contexte de tensions avec Washington
La déclaration iranienne intervient alors que Téhéran affirme disposer d’informations selon lesquelles Washington préparerait une reprise des frappes. Le commandement central des forces iraniennes avait déjà averti, le 21 septembre, que toute nouvelle attaque américaine provoquerait des représailles contre des intérêts et des bases américaines dans la région.
La nouvelle déclaration élargit toutefois le champ géographique évoqué par les autorités iraniennes. L’océan Indien abrite notamment Diego Garcia, importante installation militaire américano-britannique située à près de 4 000 kilomètres de l’Iran. La mention de cette zone donne une dimension supplémentaire à l’avertissement de Safavi, sans permettre à elle seule de déterminer quelles actions concrètes Téhéran envisagerait.
Pour les États riverains de l’océan Indien, mais aussi pour le commerce maritime international, l’enjeu est désormais d’éviter qu’une confrontation déjà concentrée autour du golfe Persique et de la mer Rouge ne gagne de nouvelles zones stratégiques.
La déclaration de Safavi reste à ce stade une menace politique et militaire, et non l’annonce d’une opération précise. Mais elle intervient dans un contexte où plusieurs axes maritimes essentiels sont déjà affectés par la confrontation régionale, faisant de toute nouvelle extension du conflit un enjeu dépassant largement le seul Moyen-Orient.





























