Genève — Pendant trois jours, du 8 au 10 septembre 2025, la diplomatie congolaise a donné à Genève une autre image de la République démocratique du Congo : celle d’un État qui entend inscrire la mémoire des victimes, la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité dans le débat international sur les droits humains.
Au cœur de cette séquence diplomatique : la Mission permanente de la RDC auprès de l’Office des Nations unies et des institutions spécialisées à Genève, sous la conduite de son représentant permanent, Paul Empole Efambe.
En marge de la 60e session du Conseil des droits de l’homme, la Mission permanente a travaillé avec la CIA-VAR et le FONAREV pour organiser deux initiatives complémentaires : une exposition artistique, « Art Expo – L’Art pour la paix et la résilience », du 8 au 10 septembre sur l’esplanade du Palais des Nations, et, le 8 septembre, une conférence de haut niveau consacrée à trente années de conflits armés en RDC.
L’initiative a bénéficié d’un cadre particulièrement stratégique : le Conseil des droits de l’homme tenait sa 60e session à Genève du 8 septembre au 8 octobre 2025. La RDC se trouvait donc au cœur d’un agenda international consacré aux droits humains, avec notamment des discussions sur sa propre situation et sur les mécanismes d’établissement des faits.
Dans cette séquence, le rôle de Paul Empole Efambe dépasse la représentation protocolaire.
Le représentant permanent a participé à la mise en avant du plaidoyer congolais pour que la question des crimes commis en RDC soit portée au-delà des frontières nationales. Il a notamment expliqué que l’initiative répondait à la volonté exprimée par le chef de l’État, à l’occasion du troisième anniversaire du Genocost, de faire passer cette démarche du niveau national au niveau international.
Cette orientation donne une portée particulière au travail de la Mission permanente : transformer une revendication nationale en objet de discussion diplomatique dans l’une des principales enceintes internationales consacrées aux droits humains.
Le choix de Genève n’est donc pas anodin.
La ville accueille le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le Conseil des droits de l’homme et un important réseau d’organisations internationales, de missions diplomatiques et d’acteurs de la société civile. La Mission permanente disposait ainsi d’un environnement permettant de multiplier les interlocuteurs et de donner une visibilité internationale au message porté par Kinshasa.
Du 8 au 10 septembre : l’art comme instrument de diplomatie mémorielle
La première dimension de cette opération diplomatique était culturelle.
Du 8 au 10 septembre 2025, l’Art Expo – L’Art pour la paix et la résilience a occupé l’esplanade du Palais des Nations. L’objectif était de faire entrer la mémoire des victimes dans un espace international où les dossiers congolais sont généralement abordés sous l’angle des rapports, des résolutions, des statistiques ou des mécanismes judiciaires.
L’exposition a ainsi introduit une autre forme de langage : celui de l’art.
À Genève, les œuvres ont servi de support à un message consacré aux victimes et aux violences liées aux conflits. Radio Okapi a rapporté que l’exposition, organisée pendant trois jours en marge de la session du Conseil des droits de l’homme, visait à sensibiliser la communauté internationale aux crimes graves commis en RDC.
La diplomatie congolaise ne s’est donc pas limitée aux salles de conférence. Elle a également investi l’espace public du Palais des Nations.
Le 8 septembre, la conférence fait entrer le Genocost dans le débat international
Le deuxième temps fort est intervenu le 8 septembre 2025, de 14h30 à 17h30, dans la salle XVII – Salle des Émirats arabes unis du Palais des Nations.
Le thème était explicite : « Trente ans de conflits armés en RDC : appel à la reconnaissance des génocides oubliés ou ignorés, à la vérité et à la justice. »
La rencontre était organisée avec le FONAREV et la CIA-VAR, dans le cadre de la 60e session du Conseil des droits de l’homme. Le FONAREV confirme que le panel s’est effectivement tenu le 8 septembre dans cette salle et qu’un message vidéo du président Félix Tshisekedi y a été diffusé, appelant notamment à établir la vérité, engager des poursuites, garantir les réparations et construire une justice transitionnelle adaptée aux réalités congolaises.
Le débat a également permis de remettre au centre de la discussion le rapport Mapping des Nations unies, qui documente de graves violations commises en RDC entre 1993 et 2003. L’ancien envoyé spécial de l’Union africaine pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a notamment appelé à des mesures concrètes contre l’impunité et à des réformes dans les domaines de la justice et de la sécurité.
L’impact de cette initiative à Genève doit être mesuré à plusieurs niveaux.
D’abord, elle a donné une visibilité internationale au plaidoyer congolais. Le FONAREV lui-même a présenté le panel comme une étape de mobilisation pour la reconnaissance internationale des crimes commis en RDC et pour une justice réparatrice en faveur des victimes.
Ensuite, l’initiative a suscité une couverture médiatique au-delà du cercle des organisateurs. L’exposition a fait l’objet d’un reportage de Radio Okapi, tandis que la conférence a été largement relayée autour des questions de Genocost, du rapport Mapping, de la justice et de la responsabilité.
Enfin, Genève a permis au plaidoyer congolais de rencontrer des positions différentes. Lors des travaux du Conseil des droits de l’homme, le Rwanda a rejeté les accusations portées contre lui concernant son soutien au M23, illustrant le caractère contradictoire du débat diplomatique international autour de la crise congolaise.
Autrement dit, la Mission permanente n’a pas seulement porté un message : elle l’a placé dans un espace où il pouvait être entendu, discuté, contesté et confronté à d’autres positions.
Le leadership de la Mission permanente
C’est précisément là que se situe l’importance du rôle de Paul Empole Efambe.
La Mission permanente apparaît comme le point d’articulation entre Kinshasa et l’écosystème diplomatique genevois. Elle a permis de connecter la Présidence de la République, le FONAREV, la CIA-VAR et les acteurs internationaux réunis autour du Conseil des droits de l’homme.
Ce dispositif illustre une diplomatie qui ne se limite plus à la prise de parole dans les sessions officielles. Elle cherche également à créer ses propres espaces de dialogue, à mobiliser les partenaires et à inscrire les priorités congolaises dans les agendas parallèles qui accompagnent les grandes réunions internationales.
Le leadership de Paul Empole Efambe peut ainsi être lu à travers cette capacité de coordination et de mise en visibilité de la cause congolaise à Genève.
La démarche est d’autant plus significative que l’ambassadeur occupait également, en 2025, la fonction de vice-président et rapporteur du Bureau du Conseil des droits de l’homme, selon l’ONU Genève.
Cette position institutionnelle donnait à la représentation congolaise une présence particulière au sein même de l’architecture du Conseil.
De la visibilité à la justice : le véritable enjeu
Il faut toutefois distinguer l’impact diplomatique et médiatique de l’obtention d’une reconnaissance juridique internationale.
Les événements de septembre 2025 ont incontestablement contribué à rendre le plaidoyer congolais plus visible à Genève. Ils ont permis de replacer les victimes, la mémoire, le rapport Mapping, la justice transitionnelle et les réparations dans les discussions internationales.
Mais la reconnaissance juridique d’un génocide demeure une question distincte, soumise aux critères et procédures du droit international.
C’est précisément pourquoi la séquence genevoise est importante : elle ne constitue pas à elle seule l’aboutissement d’une démarche, mais une étape de construction d’un plaidoyer international.
La Mission permanente, sous le leadership de Paul Empole Efambe, a assuré l’articulation de ces différentes dimensions dans l’environnement diplomatique genevois.
L’enjeu dépasse désormais les trois jours de septembre.
Pour Kinshasa, la question est de savoir comment transformer la visibilité acquise dans les enceintes internationales en mécanismes durables de documentation, de justice, de réparation et de prévention de la répétition des violences.
À Genève, la Mission permanente de la RDC a ainsi montré que la diplomatie pouvait aussi être un instrument de mémoire. Et sous l’impulsion de Paul Empole Efambe, le Palais des Nations est devenu, l’une des vitrines internationales du plaidoyer congolais pour la vérité, la justice et la réparation.




























