La mise en œuvre du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis franchit une nouvelle étape. Ce lundi 12 octobre 2026, à la Primature, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka préside la deuxième réunion de la Task Force RDC-USA, un mécanisme destiné à coordonner les engagements pris par les deux pays et à suivre leur traduction opérationnelle.
Annoncée lors de la 100ᵉ réunion du Conseil des ministres du 9 octobre, cette rencontre intervient dans une phase où les autorités congolaises doivent préciser les projets prioritaires, suivre les discussions techniques et préparer les prochaines échéances bilatérales. Selon le compte rendu gouvernemental relayé par plusieurs médias congolais, quatre dossiers sont à l’ordre du jour : l’assistance technique américaine, le corridor de Lobito, la liste initiale des actifs stratégiques soumise à Washington et le processus de sélection des projets stratégiques.
Lobito et les actifs stratégiques : passer des engagements aux projets
Le corridor de Lobito occupe une place importante dans la stratégie de développement économique de la RDC. Reliant les régions minières du sud congolais au port angolais de Lobito, via la Zambie et l’Angola, cet axe logistique est présenté comme un levier potentiel pour faciliter le transport des marchandises, soutenir les échanges régionaux et attirer des investissements dans les infrastructures.
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la construction ou la modernisation d’une voie de transport. Il s’agit de favoriser une meilleure valorisation des ressources nationales, de stimuler les activités économiques et de développer des chaînes de valeur capables de générer des emplois et des retombées locales. La Primature a notamment défendu cette vision lors des discussions consacrées au corridor en avril 2026.
La Task Force doit également examiner la liste initiale des actifs stratégiques transmise à la partie américaine ainsi que les modalités de sélection des projets. Le contenu détaillé de cette liste n’est pas intégralement précisé dans le compte rendu public. Son examen constitue néanmoins une étape importante pour déterminer les possibilités de coopération et les projets susceptibles de progresser dans le cadre du partenariat.
La question centrale sera celle des conditions de mise en œuvre : calendrier, financement, responsabilités des parties et retombées pour l’économie congolaise. Le suivi gouvernemental devra permettre de distinguer les intentions annoncées des projets effectivement engagés.
Une Autorité fiscale centralisée dans un délai maximal de douze mois
L’autre dossier majeur concerne la création d’une Autorité fiscale centralisée. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, la RDC s’est engagée à entreprendre, dans un délai maximal de douze mois, les adaptations législatives, réglementaires et institutionnelles nécessaires à sa mise en place.
Cette réforme vise notamment une meilleure intégration des administrations financières, l’interconnexion de leurs systèmes d’information, la simplification des procédures et la consolidation des données relatives aux contribuables. L’objectif affiché est d’améliorer la coordination et la gestion des recettes publiques.
La Première ministre a chargé le ministre des Finances, Doudou Fwamba, de conduire les travaux avec les experts de la Primature et les ministères concernés, notamment ceux du Budget, de la Justice et du Plan, ainsi qu’avec les administrations fiscales. Un rapport doit être présenté à la cheffe du gouvernement dans un délai de trente jours.
La réforme représente un chantier institutionnel important. Sa réussite dépendra de la clarification des compétences, de la qualité des systèmes d’information, de la coordination entre les services et des adaptations juridiques nécessaires. Elle devra également s’accompagner d’une mise en œuvre transparente et efficace afin d’améliorer durablement la mobilisation des recettes de l’État.
Une coordination renforcée pour assurer le suivi du partenariat
La réunion du 12 octobre doit aussi préparer les prochaines échéances conjointes, notamment la réunion du Comité de pilotage RDC-USA et les discussions prévues à Paris, du 25 au 27 octobre, autour du programme Inga,
En présidant cette deuxième réunion, Judith Suminwa place la coordination gouvernementale au cœur de l’exécution du partenariat. La Task Force doit permettre de suivre les dossiers, de mobiliser les ministères concernés et d’identifier les mesures nécessaires pour respecter les engagements annoncés.
L’enjeu est désormais de convertir le rapprochement avec Washington en résultats mesurables pour la RDC : infrastructures, investissements, meilleure valorisation des actifs stratégiques et renforcement des finances publiques. La crédibilité du partenariat se mesurera à sa capacité à produire des projets concrets, à soutenir la transformation économique du pays et à générer des bénéfices durables pour la population congolaise.





























