À Genève, la diplomatie congolaise entend désormais inscrire son action dans une logique de résultats. L’adoption, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme, du projet de résolution A/HRC/63/L.7, consacré à l’assistance technique et au renforcement des capacités dans le domaine des droits de l’homme en RDC, en constitue une illustration. Le texte a été présenté par la République démocratique du Congo et figure officiellement parmi les projets examinés par le Conseil.
Derrière cette séquence diplomatique se trouve un travail de représentation, de négociation et de coordination conduit au sein de la Mission permanente de la RDC auprès de l’ONU et des institutions spécialisées à Genève.
Une diplomatie inscrite dans une vision politique
La démarche s’inscrit dans les orientations diplomatiques portées par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Son action vise notamment à renforcer la présence de la RDC dans les enceintes multilatérales, à défendre les intérêts nationaux et à mobiliser les instruments internationaux autour des priorités congolaises.
Dans cette architecture, la Mission permanente constitue un relais essentiel entre Kinshasa et Genève. Son rôle ne consiste pas uniquement à assister aux réunions internationales. Elle prépare les positions, engage les consultations avec les délégations étrangères, participe aux négociations des textes et contribue à faire inscrire les priorités de la RDC dans les décisions multilatérales.
Paul Empole Efambe, relais diplomatique à Genève
À la tête de cette représentation, l’Ambassadeur Paul Empole Efambe, Représentant permanent de la RDC auprès de l’Office des Nations unies à Genève, dispose d’une expérience particulièrement étendue du système multilatéral.
Lors de la présentation de ses lettres de créance en 2021, l’ONU rappelait son parcours au sein du ministère congolais des Affaires étrangères ainsi que ses précédentes fonctions à New York, où il avait notamment exercé comme Chargé d’affaires par intérim et Représentant permanent adjoint. Son parcours comprend également des responsabilités liées aux questions de sécurité en Afrique centrale et à la lutte contre la circulation illicite des armes.
Cette expérience constitue un atout dans un environnement diplomatique où les résultats reposent largement sur la capacité à dialoguer, négocier et construire des convergences entre États.
L’un des enseignements de l’adoption de la résolution A/HRC/63/L.7 est précisément la capacité de la diplomatie congolaise à transformer une priorité nationale en instrument de coopération internationale.
Le texte vise à poursuivre la coopération entre le Gouvernement congolais et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Lors des discussions du Conseil, la délégation congolaise a présenté cette résolution comme un instrument destiné à consolider les progrès institutionnels réalisés dans le domaine des droits humains à travers une coopération constructive avec le HCDH et son bureau en RDC.
L’adoption sans vote donne à cette démarche une portée diplomatique particulière. Elle montre que Kinshasa a privilégié une approche fondée sur le dialogue et la recherche de convergences autour d’un mécanisme d’assistance plutôt que sur une confrontation politique.
Une diplomatie qui accompagne les priorités congolaises
Cette séquence intervient dans un contexte où la RDC cherche également à renforcer son action internationale face aux conséquences de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
À Genève, la diplomatie congolaise porte simultanément plusieurs dossiers : droits humains, protection des populations civiles, justice, lutte contre l’impunité, assistance humanitaire et coopération avec les mécanismes internationaux.
La Mission permanente indique elle-même que ses priorités couvrent notamment les droits de l’homme, la paix et la sécurité internationales, le développement durable, la santé publique et l’action humanitaire.
Cette présence multidimensionnelle permet à Kinshasa de ne pas limiter son action diplomatique à la dénonciation des violations. Elle cherche également à mobiliser les mécanismes internationaux pour renforcer les capacités nationales et accompagner les institutions congolaises.
Une diplomatie de terrain au service de la vision présidentielle
L’action menée à Genève s’inscrit ainsi dans une chaîne institutionnelle : la vision stratégique définie au niveau présidentiel, son pilotage politique par la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner et sa traduction opérationnelle dans les enceintes multilatérales par la Mission permanente dirigée par Paul Empole Efambe.
L’adoption de la résolution A/HRC/63/L.7 illustre cette articulation. Elle ne constitue pas, à elle seule, l’aboutissement de toute la politique diplomatique congolaise, mais elle représente un résultat concret obtenu dans une enceinte multilatérale importante.
Alors que la 63e session du Conseil des droits de l’homme s’achève le 7 octobre 2026, la séquence genevoise permet ainsi de mesurer l’évolution de la diplomatie congolaise : défendre les intérêts du pays, construire des partenariats, négocier des mécanismes d’appui et inscrire les priorités nationales dans les décisions internationales.
Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de prolonger ces acquis par une mise en œuvre effective sur le terrain. À Genève, la diplomatie congolaise entend manifestement faire du multilatéralisme non seulement un espace de représentation, mais également un instrument de mise en œuvre de la vision du Chef de l’État et de renforcement de l’action de l’État congolais.





























