GENÈVE — La diplomatie congolaise entend désormais occuper davantage l’espace multilatéral genevois. Sous le leadership de S.E.M. Paul Empole Losoko Efambe, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès de l’Office des Nations unies et des institutions spécialisées à Genève, la Mission permanente multiplie les initiatives destinées à porter les priorités de Kinshasa au cœur des débats internationaux.
Droits humains, violences sexuelles liées aux conflits, protection des victimes, santé publique, environnement, ressources naturelles ou encore coopération internationale : les dossiers investis par la Mission témoignent d’une diplomatie qui cherche à ne pas se limiter à la présence institutionnelle, mais à créer des espaces où les préoccupations congolaises peuvent être directement exposées, discutées et relayées.
Cette dynamique passe notamment par l’organisation et l’accompagnement d’événements parallèles, de dialogues de haut niveau et d’initiatives diplomatiques réunissant représentants gouvernementaux, organisations internationales, société civile et partenaires multilatéraux.
PSVI : la co-présidence congolaise comme levier d’action
L’un des exemples les plus significatifs de cette approche est la co-présidence, en 2026, de l’Alliance internationale sur la prévention des violences sexuelles liées aux conflits (PSVI), assurée par la RDC aux côtés de l’Ukraine.
Ce mercredi 30 septembre, en marge de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, la Mission permanente de la RDC a accueilli un événement consacré au thème : « De l’engagement à l’action : renforcer l’Alliance internationale sur la prévention des violences sexuelles liées aux conflits et protéger les enfants nés d’un viol ».
Dans son allocution de bienvenue, S.E.M. Paul Empole Losoko Efambe a placé l’initiative dans une perspective résolument opérationnelle : transformer les engagements internationaux en mesures concrètes de prévention, de protection et de prise en charge.
L’enjeu est particulièrement sensible pour la RDC, pays marqué par plusieurs décennies de conflits armés et où la question des violences sexuelles liées aux conflits demeure étroitement associée aux problématiques de justice, de réparation et de protection des victimes.
La rencontre genevoise a également mis en lumière une catégorie longtemps insuffisamment prise en compte dans les politiques publiques : les enfants nés de violences sexuelles liées aux conflits. Leur situation soulève des questions relatives à la stigmatisation, à la discrimination, à l’identité, à l’état civil, à l’accès à la nationalité, à l’éducation, aux soins et à la justice.
En plaçant cette problématique dans les discussions internationales, Kinshasa cherche à élargir l’agenda du PSVI au-delà de la seule prévention des violences, vers la protection et l’accompagnement des personnes affectées sur le long terme.
« De l’engagement à l’action »
Cette orientation rejoint la vision défendue par le ministre des Droits humains, S.E. Samuel Mbemba Kabuya, autour de la co-présidence congolaise du PSVI : renforcer l’Alliance, lutter contre l’impunité et améliorer la protection des survivantes ainsi que des enfants nés de violences sexuelles liées aux conflits.
Parmi les pistes avancées figure notamment la mise en place d’un Secrétariat global de l’Alliance, afin de renforcer la coordination, le suivi des engagements et la continuité institutionnelle du mécanisme.
Le slogan « De l’engagement à l’action » prend ainsi une portée diplomatique particulière. Il traduit la volonté de Kinshasa de faire de sa responsabilité au sein du PSVI un instrument de mobilisation internationale et de production de résultats concrets.
Une diplomatie congolaise active sur plusieurs fronts
Le PSVI constitue toutefois l’un des volets d’une présence diplomatique plus large.
À Genève, la Mission permanente accompagne les délégations congolaises auprès des différents mécanismes internationaux et contribue au dialogue entre les institutions de la RDC, les agences des Nations unies, les organisations internationales et les acteurs de la société civile.
Cette présence s’étend également aux questions environnementales, sanitaires, économiques et liées aux ressources naturelles, autant de dossiers sur lesquels la RDC cherche à faire valoir ses intérêts dans les enceintes multilatérales.
L’objectif est aussi de mieux articuler les réalités nationales avec les agendas internationaux : faire des enjeux congolais des sujets de discussion au sein des institutions multilatérales, tout en mobilisant les partenariats et les mécanismes internationaux susceptibles d’accompagner les réponses nationales.
Dans cette architecture, la Mission permanente apparaît comme un point d’articulation entre Kinshasa et Genève. Sous l’impulsion de Paul Empole Losoko Efambe, l’enjeu consiste à transformer la représentation diplomatique en véritable plateforme d’initiative, de dialogue et de mobilisation.
À travers cette approche, la RDC cherche à renforcer sa capacité à peser dans les débats internationaux qui touchent directement son avenir. Genève devient ainsi non seulement un lieu où Kinshasa fait entendre sa voix, mais également un espace où elle cherche à construire des partenariats, porter ses priorités et inscrire ses enjeux nationaux dans l’agenda du multilatéralisme.





























