Pretoria — Le dossier judiciaire de Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, s’enfonce dans une nouvelle phase d’attente. Lors de l’audience du 23 septembre 2026 à Pretoria, la défense et le parquet sud-africain ont demandé le report de plusieurs volets de la procédure. La demande de remise en liberté sous caution doit désormais être examinée le 6 octobre, tandis que l’examen de la demande d’extradition vers le Bénin a été renvoyé au 20 novembre.
Arrêté en Afrique du Sud le 13 avril 2026, Kémi Séba fait l’objet de procédures sud-africaines liées notamment à sa situation migratoire. Parallèlement, les autorités béninoises ont engagé une procédure afin d’obtenir son transfert vers le Bénin.
Le passeport nigérien au cœur de la stratégie de défense
La nouvelle bataille se joue désormais autour du statut que Kémi Séba revendique au Niger. L’activiste dispose depuis 2024 d’un passeport diplomatique nigérien et est présenté comme conseiller spécial du chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani. Il aurait utilisé ce document pour entrer en Afrique du Sud fin 2025.
Ses avocats cherchent à obtenir auprès de l’ambassade du Niger un document permettant d’établir officiellement ce statut auprès des autorités sud-africaines. L’objectif de la défense est de déterminer si cette qualité peut produire des effets juridiques sur le territoire sud-africain, notamment au regard d’une éventuelle immunité diplomatique.
Cette démarche ne signifie toutefois pas que l’immunité est acquise. La question devra être appréciée par les autorités et juridictions sud-africaines à partir des documents produits et du cadre juridique applicable.
Le volet migratoire reste par ailleurs distinct de la procédure d’extradition. L’audience du 6 octobre doit porter sur ce premier dossier, tandis que la demande formulée par Cotonou sera examinée à une autre échéance.
Cotonou maintient sa demande, Pretoria garde la main
Le Bénin demande le retour de Kémi Séba afin qu’il réponde devant sa justice de faits qui lui sont reprochés. Selon les sources consultées, les poursuites béninoises portent notamment sur des faits liés à la tentative de déstabilisation du pouvoir béninois en décembre 2025. Les accusations formulées contre lui demeurent des allégations dans le cadre d’une procédure judiciaire et ne constituent pas une déclaration de culpabilité.
Du côté sud-africain, le parquet a indiqué que la demande d’extradition avait bien été reçue, mais qu’une étape administrative demeurait nécessaire avant son examen complet : l’autorisation de la ministre sud-africaine de la Justice.
Le dossier se retrouve ainsi à l’intersection de trois dimensions : la procédure judiciaire sud-africaine, la demande d’extradition du Bénin et le statut diplomatique invoqué au nom du Niger.
Pour l’instant, aucune décision définitive n’a été prise sur l’extradition. La prochaine échéance immédiate est fixée au 6 octobre, avec l’examen du volet migratoire et de la demande de liberté sous caution. Pour la procédure d’extradition elle-même, le prochain rendez-vous est fixé au 20 novembre 2026.
À Pretoria, le dossier de Kémi Séba reste donc ouvert, avec une question désormais centrale : le statut diplomatique nigérien qu’il invoque pourra-t-il avoir une portée juridique susceptible d’influencer la procédure sud-africaine et, à terme, la demande d’extradition formulée par le Bénin ?





























