KINSHASA — Dans une diplomatie congolaise confrontée simultanément à la crise sécuritaire dans l’Est, aux négociations de paix, aux enjeux liés aux ressources naturelles et à une présence renforcée dans les institutions multilatérales, une question devient centrale : comment transformer l’information diplomatique en décisions stratégiques capables de servir directement les intérêts de la République démocratique du Congo ?
C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit l’approche développée par S.E. Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise.
Depuis sa prise de fonctions, la cheffe de la diplomatie congolaise a placé la planification stratégique, l’analyse et la coordination au cœur de l’action de son ministère. Son parcours dans les affaires internationales et les organisations multilatérales constitue à cet égard un socle de cette orientation. Le ministère présente notamment Mme Kayikwamba Wagner comme une spécialiste de l’analyse politique, de la planification stratégique et de la résolution des conflits.
Cette approche prend une dimension particulière avec la mise en place de mécanismes de Task Force, conçus pour renforcer la préparation des dossiers, la coordination entre administrations et la capacité de plaidoyer de la RDC.
Une diplomatie pensée comme une chaîne de décision
En août 2024, Thérèse Kayikwamba Wagner avait présenté au Conseil des ministres la stratégie de la RDC pour ses candidatures au Conseil des droits de l’homme et au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle avait alors obtenu la mise en place d’une Task Force destinée à soutenir la stratégie de plaidoyer et de lobbying auprès des États membres de l’ONU.
Le choix est révélateur d’une conception de la diplomatie qui ne repose plus uniquement sur la représentation protocolaire.
L’enjeu est de disposer, en amont des décisions internationales, d’une capacité d’analyse permettant d’identifier les intérêts congolais, les rapports de force, les opportunités de coalition et les risques diplomatiques.
Genève, New York et Addis-Abeba deviennent alors les différents points d’un même dispositif : trois centres multilatéraux où se négocient des décisions touchant directement à la paix, à la sécurité, aux droits humains, aux ressources naturelles et à la place de la RDC dans le système international.
David Tshishiku Tshibangu, un profil placé au cœur de la coordination
Dans cette architecture, le diplomate David Tshishiku Tshibangu constitue une figure déjà connue des dispositifs stratégiques du ministère.
En 2020, il avait été désigné coordonnateur d’une Task Force créée pour accompagner la RDC dans l’exercice de sa présidence du Conseil exécutif de l’Union africaine. Cette structure avait notamment pour mission de préparer les réunions, produire des analyses stratégiques et soutenir les ministères sectoriels dans leurs relations avec les organes de l’UA.
Son expérience du multilatéralisme africain et onusien explique en partie son positionnement dans ces mécanismes de coordination. Selon les sources disponibles, il avait notamment été choisi par ses pairs comme négociateur en chef de l’Afrique pour la période 2019-2020 et avait auparavant travaillé sur des questions liées au Conseil de sécurité des Nations unies.
Ce profil prend une résonance particulière dans le contexte actuel : la diplomatie congolaise doit simultanément travailler avec les Nations unies, l’Union africaine, les organisations régionales et les partenaires bilatéraux.
De Genève à Addis-Abeba, coordonner plutôt que disperser
La séquence genevoise de septembre-octobre 2026 illustre cette nécessité de coordination.
Le 30 septembre, en marge de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, la Mission permanente de la RDC à Genève a accueilli un événement consacré à la prévention des violences sexuelles liées aux conflits et à la protection des enfants nés de viols.
Deux jours plus tard, la représentation congolaise portait également au Conseil des droits de l’homme des positions sur la discrimination structurelle, la justice transitionnelle, la médecine légale et le renforcement des capacités nationales.
Ces dossiers peuvent sembler distincts. Ils participent pourtant à une même réalité diplomatique : la RDC doit être capable de faire circuler rapidement l’information, l’analyse et les orientations politiques entre Kinshasa et ses différentes représentations internationales.
C’est précisément le rôle que les dispositifs de coordination stratégique peuvent jouer.
Une réponse à la vision présidentielle
Cette organisation s’inscrit dans la volonté du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de renforcer la présence de la RDC dans les instances internationales et de faire de la diplomatie un instrument au service des intérêts nationaux.
La candidature congolaise au Conseil de sécurité, comme la présence au Conseil des droits de l’homme, avait déjà été présentée par le Chef de l’État comme une occasion pour la RDC de contribuer davantage aux questions de paix et de sécurité internationales.
La ministre Thérèse Kayikwamba Wagner donne à cette ambition une traduction organisationnelle : préparer, analyser, coordonner et agir.
Son action diplomatique récente témoigne également de cette volonté de porter des dossiers congolais dans des espaces où se construisent les normes internationales. À New York, elle a notamment porté les enjeux liés aux ressources naturelles et à la paix lors d’une réunion selon la formule Arria consacrée au déficit normatif dans ce domaine.
Les ressources naturelles, nouveau terrain de la diplomatie congolaise
L’un des axes les plus révélateurs de cette diplomatie stratégique concerne les minerais critiques.
Lors d’une réunion de haut niveau consacrée aux minerais critiques pour la transition énergétique, Thérèse Kayikwamba Wagner a défendu l’ambition de la RDC de devenir un pôle africain de transformation industrielle des minerais critiques et plaidé pour une gouvernance des ressources naturelles orientée vers la paix, la sécurité, l’industrialisation et la prospérité.
Cette orientation élargit la diplomatie congolaise : les ressources naturelles ne sont plus seulement abordées comme une question commerciale ou minière, mais comme un enjeu de souveraineté, de sécurité internationale, de développement et de positionnement géopolitique.
Une diplomatie qui cherche à parler d’une seule voix
La logique de la Task Force prend ici tout son sens.
Dans un contexte où la RDC doit simultanément défendre sa position sur la guerre dans l’Est, participer aux processus de paix, dialoguer avec l’ONU et l’Union africaine, défendre ses intérêts économiques et porter ses priorités dans les mécanismes des droits humains, la cohérence du message diplomatique devient elle-même un enjeu stratégique.
Le dispositif voulu par Thérèse Kayikwamba Wagner vise précisément à rapprocher l’expertise technique, l’analyse stratégique et la décision politique.
À Genève, à New York comme à Addis-Abeba, l’objectif est de permettre aux diplomates congolais de disposer d’éléments suffisamment précis pour anticiper les débats, construire des alliances et défendre les positions arrêtées par Kinshasa.
Kayikwamba Wagner : l’enjeu d’une diplomatie de résultats
La portée de cette démarche dépasse donc la seule organisation administrative du ministère.
Elle pose une question plus fondamentale : celle de la capacité de la RDC à transformer son poids territorial, ses ressources naturelles, son expérience des crises et son rôle dans les Grands Lacs en capacité d’influence diplomatique.
C’est dans cette perspective que la méthode portée par Thérèse Kayikwamba Wagner prend toute sa signification : faire de la diplomatie congolaise un dispositif davantage structuré autour de l’analyse, de la coordination et de la préparation des décisions.
Le choix de profils comme David Tshishiku Tshibangu pour assurer des fonctions de coordination s’inscrit dans cette logique de mobilisation de l’expertise diplomatique.
À l’heure où la RDC cherche à consolider sa place dans les enceintes internationales, la bataille ne se joue donc plus uniquement dans les salles de conférence.
Elle se joue aussi en amont : dans la qualité de l’analyse, la circulation de l’information, la coordination entre les capitales et les missions permanentes et la capacité à transformer une position nationale en stratégie diplomatique cohérente.
C’est précisément sur ce terrain que le ministère des Affaires étrangères, sous l’impulsion de S.E. Thérèse Kayikwamba Wagner, cherche à renforcer l’efficacité de l’action extérieure de la République démocratique du Congo.





























