NEW YORK — La République démocratique du Congo entend faire de la mise en œuvre effective des accords de paix une priorité de son action diplomatique. Le 13 octobre 2026, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Zénon Mukongo Ngay, ambassadeur et représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU, a réaffirmé l’engagement de Kinshasa dans les processus de Washington et de Doha, ainsi que dans la médiation conduite par l’Union africaine (UA).
Au-delà de la réaffirmation de cet engagement, la position congolaise met l’accent sur une exigence centrale : les initiatives diplomatiques doivent être coordonnées, respecter la souveraineté de la RDC et déboucher sur des avancées mesurables sur le terrain. Pour Kinshasa, la multiplication des rencontres et des mécanismes ne saurait remplacer l’application des engagements pris par les parties.
Zénon Mukongo Ngay plaide pour une diplomatie coordonnée
Lors de son intervention, le diplomate congolais a salué la récente tournée des facilitateurs du panel de l’Union africaine à Goma, Kigali et Kinshasa. Cette démarche s’inscrit dans les efforts visant à rapprocher les différentes initiatives engagées pour trouver une issue politique au conflit dans l’Est de la RDC.
Kinshasa soutient la médiation africaine et maintient son engagement dans les processus soutenus par Washington et Doha. La priorité est désormais de renforcer la complémentarité entre ces cadres, afin d’éviter que leur coexistence ne crée des divergences de calendrier ou ne brouille les responsabilités des acteurs concernés.
Cette coordination doit, selon la position défendue par la RDC, s’effectuer dans le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. Il s’agit d’éviter que la multiplication des initiatives ne fragmente les efforts de paix, alors que la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays impose une action cohérente et suivie.
La démarche congolaise vise ainsi à préserver la dynamique diplomatique tout en rappelant que chaque processus doit contribuer à un objectif commun : une paix durable, fondée sur le respect des engagements et une amélioration tangible de la situation sécuritaire.
Des accords signés, mais une application à vérifier
Pour les autorités congolaises, la signature d’un accord constitue une étape, et non une fin en soi. La crédibilité des processus de Washington et de Doha dépendra de leur mise en œuvre effective et du respect des engagements par les parties concernées.
C’est pourquoi Kinshasa appelle les facilitateurs, les garants des accords et les partenaires internationaux à instaurer un mécanisme de suivi plus rigoureux. Celui-ci devrait s’appuyer sur trois instruments : des échéances précises, des indicateurs vérifiables et des rapports réguliers au Conseil de sécurité.
Un tel dispositif permettrait d’évaluer les progrès réalisés, de relever les retards et d’identifier plus clairement les responsabilités en cas de non-respect des engagements. Il contribuerait également à éviter que les négociations ne se prolongent sans conséquences concrètes pour les populations touchées par le conflit.
Cette demande rejoint une préoccupation déjà exprimée par Kinshasa au sujet du rôle que pourrait jouer la MONUSCO dans le suivi du processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La RDC a notamment sollicité un rôle explicite de la mission onusienne dans la supervision et la vérification de ce processus.
La souveraineté congolaise au cœur de la recherche de paix
En portant ces exigences devant le Conseil de sécurité, Zénon Mukongo Ngay défend une approche qui associe engagement diplomatique, responsabilité des parties et vérification des résultats. Pour Kinshasa, la coordination des médiations ne doit pas diluer les obligations des acteurs ni relativiser le respect de la souveraineté congolaise.
L’enjeu est aussi celui de la confiance. Les populations de l’Est de la RDC, confrontées aux violences et aux déplacements forcés, attendent que les engagements politiques se traduisent par une réduction effective des hostilités et une amélioration de leur sécurité.
Le message adressé aux partenaires est donc clair : il faut préserver les initiatives diplomatiques, mais aussi leur donner des outils de suivi permettant de mesurer les progrès et d’exiger des comptes. La paix ne pourra être durable si les accords restent au stade des déclarations.
À New York, la diplomatie congolaise met ainsi l’accent sur une exigence de résultats : faire converger les efforts de Washington, de Doha et de l’Union africaine autour d’un processus cohérent, vérifiable et respectueux des droits souverains de la RDC.




























