Le ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a rencontré mardi 7 octobre 2026, à Kinshasa, les responsables du Barreau de Kinshasa-Gombe. Au centre des échanges : la situation des avocats dans l’exercice de leur profession ainsi que les conditions d’accès au Barreau pour les diplômés issus d’autres universités congolaises.
Cette rencontre s’inscrit dans une démarche que le ministre présente comme un plaidoyer institutionnel, notamment en faveur d’une meilleure protection des avocats et d’un accès plus équitable à la profession.
Parmi les principaux sujets abordés figure la question de l’immunité des avocats dans l’exercice de leurs fonctions. Pour Samuel Mbemba, la protection de l’avocat constitue un élément important du fonctionnement de la justice et, plus largement, de la défense effective des droits humains.
Le ministre a annoncé son intention de porter cette question devant la deuxième édition du Forum national des droits humains, prévue en décembre prochain.
Il souhaite que cette rencontre permette d’ouvrir une réflexion réunissant notamment l’Ordre national des avocats, le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que les responsables des forces de défense, de sécurité et des services de renseignements.
L’objectif affiché est d’examiner les mécanismes permettant de garantir à l’avocat une protection suffisante dans l’exercice de sa mission, en comparaison avec les garanties dont bénéficient d’autres acteurs institutionnels.
Pour le ministre, la question ne relève pas uniquement de la corporation des avocats. Elle touche directement à l’accès à la justice et à la capacité des citoyens à bénéficier d’une défense indépendante.
L’accès au Barreau au cœur du plaidoyer
L’autre dossier abordé concerne l’admission au Barreau de Kinshasa-Gombe des étudiants diplômés d’universités autres que l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’Université de Kisangani (UNIKIS) et l’Université de Lubumbashi (UNILU).
Samuel Mbemba a expliqué qu’il s’agissait d’un plaidoyer, tout en reconnaissant l’autonomie dont jouissent les Barreaux dans l’organisation de la profession.
Le ministre entend néanmoins poursuivre les discussions afin de parvenir à une solution qu’il qualifie de structurelle.
La question avait notamment été soulevée directement auprès de lui par des étudiants en droit de l’Université pédagogique nationale (UPN), lors d’un stage professionnalisant le 15 septembre dernier.
Pour Samuel Mbemba, le fait qu’un étudiant soit régulièrement diplômé d’une université reconnue ou agréée par la législation congolaise sur l’enseignement supérieur devrait constituer un élément central dans l’examen de son accès à la profession.
L’égalité comme principe directeur
La démarche du ministre s’appuie sur le principe d’égalité, présenté comme l’un des fondements des droits humains.
Son argumentation porte ainsi sur la nécessité de prévenir d’éventuelles différences de traitement entre diplômés issus d’établissements d’enseignement supérieur légalement reconnus.
« À notre sens, il n’est pas normal que des étudiants régulièrement diplômés des universités agréées ou reconnues par la loi-cadre de l’enseignement national puissent être exclus de l’accès au Barreau de Kinshasa-Gombe », a déclaré le ministre à l’issue des échanges.
Cette position ne signifie toutefois pas une remise en cause de l’autonomie des Barreaux. Elle traduit plutôt la volonté du ministère des Droits humains d’engager un dialogue avec les institutions professionnelles afin d’examiner les conditions permettant de concilier cette autonomie avec le principe d’égalité d’accès aux professions.
Une démarche inscrite dans l’action du ministère
La rencontre avec le Barreau intervient dans une série d’initiatives visant à placer les droits humains au cœur des politiques publiques et du fonctionnement des institutions.
En s’intéressant à la protection des avocats et aux conditions d’accès à la profession, le ministère aborde deux dimensions complémentaires : la protection de ceux qui défendent les droits des citoyens et l’égalité des citoyens devant les possibilités d’accès aux professions juridiques.
La prochaine édition du Forum national des droits humains pourrait ainsi constituer une plateforme de dialogue entre les différentes institutions concernées. L’Ordre des avocats, la magistrature et les secteurs de la défense, de la sécurité et du renseignement seraient appelés à réfléchir ensemble aux garanties nécessaires à l’exercice indépendant de la profession d’avocat.
Pour Samuel Mbemba Kabuya, cette démarche vise également à maintenir un dialogue direct avec les acteurs concernés. Sa rencontre avec le Barreau fait suite à l’interpellation d’étudiants et traduit, selon son ministère, la volonté de prendre en compte les préoccupations exprimées par les citoyens.
Au-delà des débats corporatistes, les deux questions soulevées renvoient ainsi à un même enjeu : consolider l’État de droit en renforçant les garanties de ceux qui concourent à l’administration de la justice et en veillant à l’application effective du principe d’égalité.





























