Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a profité de son arrivée à Islamabad pour lancer un nouvel appel à la désescalade entre les États-Unis et l’Iran. En visite officielle au Pakistan du 6 au 8 octobre, le chef de l’ONU a placé la question du conflit au centre de son message, soulignant ses conséquences qui dépassent largement le Moyen-Orient.
« Mettre fin au conflit. Revenir à la diplomatie », tel est, en substance, le message adressé par Guterres aux parties. Il a également appelé au rétablissement complet des droits et libertés de navigation conformément au droit international, alors que les perturbations liées au conflit affectent les routes commerciales internationales.
Une crise qui pèse sur le commerce mondial
Pour le chef de l’ONU, l’enjeu ne se limite plus aux affrontements militaires. Les perturbations des voies maritimes et énergétiques font peser des risques importants sur l’économie mondiale.
Le détroit d’Ormuz constitue notamment un passage stratégique pour le commerce international, en particulier pour les hydrocarbures, les engrais et le gaz naturel liquéfié. Les restrictions affectant cette route ont des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts du transport et les marchés de l’énergie.
Cette situation intervient alors que l’économie mondiale reste exposée à des pressions inflationnistes et à une forte incertitude. Une analyse récente du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU soulignait déjà que les perturbations liées à la crise au Moyen-Orient entraînaient une hausse des coûts de l’énergie, du transport et des importations, avec des effets particulièrement sensibles dans les économies en développement.
À Islamabad, António Guterres a également accordé une place importante au rôle diplomatique du Pakistan.
Le Secrétaire général a salué les efforts entrepris par Islamabad pour favoriser le dialogue entre Washington et Téhéran. Selon lui, les initiatives pakistanaises ont contribué à créer les conditions nécessaires à la reprise des discussions et à la désescalade.
Le gouvernement pakistanais affirme pour sa part avoir facilité les pourparlers d’Islamabad entre les États-Unis et l’Iran, en privilégiant le dialogue et la diplomatie comme moyens de règlement des différends. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a présenté cette démarche comme une contribution de son pays aux efforts de désescalade.
Guterres a notamment évoqué le mémorandum d’entente d’Islamabad du 17 juin, le cessez-le-feu qui a suivi et le cadre destiné à permettre la poursuite des négociations. Il a qualifié le rôle joué par le Pakistan de déterminant dans la création de conditions favorables au dialogue.
Le plaidoyer pour le multilatéralisme
Au-delà de la crise américano-iranienne, la visite du chef de l’ONU intervient dans un contexte de profondes tensions géopolitiques et de remise en question du multilatéralisme.
Guterres a appelé les grandes puissances à privilégier le dialogue et à se rassembler lorsque les principes fondamentaux du droit international sont menacés. Il a également plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité afin de rendre cet organe plus représentatif et plus légitime.
Ses échanges avec les autorités pakistanaises ont également porté sur plusieurs autres crises internationales, notamment la Palestine, l’Afghanistan, le terrorisme et la situation au Jammu-et-Cachemire.
Un message depuis une région sous tension
Le choix d’Islamabad pour porter ce message revêt une dimension particulière. Le Pakistan entend se positionner comme un acteur de dialogue dans une région traversée par plusieurs crises et comme un partenaire du système multilatéral.
Pour António Guterres, l’urgence demeure toutefois de mettre fin aux hostilités et de rétablir les conditions permettant une reprise durable des négociations.
Alors que les conséquences économiques du conflit s’étendent aux marchés énergétiques et aux chaînes commerciales internationales, l’appel du Secrétaire général dépasse ainsi la seule question des relations entre Washington et Téhéran : il s’agit de préserver les voies de navigation, de limiter les effets de la crise sur l’économie mondiale et de ramener les parties vers la voie diplomatique.
Depuis Islamabad, le message de l’ONU se veut donc clair : dans un contexte de multiplication des crises internationales, le dialogue et le droit international doivent rester au cœur de la recherche d’une issue politique.





























