La diplomatie congolaise accélère ses consultations avec les Nations unies autour de l’avenir de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Ce mardi 6 octobre 2026, à Kinshasa, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu en audience James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la MONUSCO.
Cette rencontre intervient à un moment particulièrement important pour la coopération entre Kinshasa et l’Organisation des Nations unies. Le mandat actuel de la MONUSCO, renouvelé par la résolution 2808 du Conseil de sécurité en décembre 2025, arrive à échéance le 20 décembre 2026. Les discussions sur sa prochaine configuration s’inscrivent donc dans une période où les autorités congolaises cherchent à faire valoir leurs priorités dans l’évolution de l’engagement onusien.
Une diplomatie congolaise qui veut peser sur le prochain mandat
Dans ce contexte, Thérèse Kayikwamba Wagner apparaît au centre du dialogue politique avec les Nations unies. En recevant directement le chef de la MONUSCO, la ministre d’État participe aux consultations destinées à définir les contours du prochain mandat de la Mission.
L’enjeu dépasse la seule reconduction administrative de la MONUSCO. Il s’agit notamment de déterminer comment l’appui des Nations unies peut accompagner les mécanismes de paix actuellement engagés, la protection des populations civiles, le suivi du cessez-le-feu et les dispositifs de vérification sur le terrain.
Le mandat actuel prévoit déjà un appui de la MONUSCO à la mise en œuvre des mécanismes de surveillance et de vérification du cessez-le-feu. Le Conseil de sécurité a également confié à la Mission des responsabilités liées à l’accompagnement du processus de paix.
Pour Kinshasa, l’objectif est ainsi de faire correspondre davantage l’action de la Mission aux réalités du processus diplomatique en cours.
Le DDRRR au cœur de la coordination sécuritaire
Les échanges entre la ministre d’État et James Swan ont également porté sur les nouveaux développements concernant le DDRRR, notamment en lien avec les groupes armés étrangers.
Cette question revêt une importance particulière dans le contexte actuel. La MONUSCO a récemment réaffirmé son appui au désarmement et à la démobilisation des groupes armés étrangers, notamment les FDLR, ainsi qu’aux efforts de paix conduits par les autorités congolaises et leurs partenaires.
Kinshasa cherche ainsi à inscrire le DDRRR dans une approche plus large de stabilisation, en articulation avec les engagements sécuritaires pris dans les différents processus diplomatiques.
La question a également été évoquée récemment au Conseil de sécurité, où les autorités congolaises ont présenté les avancées enregistrées dans le processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR-FOCA.
Autre dossier au centre de la rencontre : le redéploiement temporaire de la MONUSCO pour accompagner le MCVE+, le Mécanisme conjoint de vérification élargi plus.
Cette évolution illustre la transformation progressive du rôle de la Mission dans le dispositif sécuritaire régional. Alors que les processus de paix de Washington et de Doha accordent une place importante aux mécanismes de surveillance et de vérification, la MONUSCO est appelée à apporter un appui technique, logistique et opérationnel dans la mesure de son mandat.
Le rôle de Kinshasa est donc déterminant pour assurer la cohérence entre ces différents mécanismes. La concertation conduite par Thérèse Kayikwamba Wagner vise précisément à maintenir cette articulation entre la diplomatie congolaise, les Nations unies et les structures de vérification.
Une coordination institutionnelle renforcée
Les deux responsables ont enfin évoqué la convocation prochaine d’une réunion du Secrétariat technique national chargé de la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO.
Cette réunion devrait constituer un espace de coordination supplémentaire entre les autorités congolaises et la Mission onusienne. Elle permettra notamment de suivre l’exécution du mandat, d’harmoniser les priorités et d’identifier les ajustements nécessaires au regard de l’évolution du contexte sécuritaire.
Cette démarche s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par Kinshasa. Depuis l’arrivée de James Swan à la tête de la MONUSCO, les échanges avec les autorités congolaises ont régulièrement porté sur la mise en œuvre de la résolution 2808, le soutien au processus de paix et les mécanismes de vérification.
Un leadership diplomatique tourné vers les échéances à venir
À travers cette nouvelle rencontre, Thérèse Kayikwamba Wagner confirme son implication directe dans le pilotage des dossiers diplomatiques et sécuritaires liés à l’engagement international en RDC.
Son action intervient alors que plusieurs échéances convergent : discussions sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO, évolution du DDRRR, accompagnement du MCVE+ et mise en œuvre des engagements issus des processus de paix.
Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer cette présence diplomatique en résultats opérationnels sur le terrain. Le dialogue avec les Nations unies doit permettre de renforcer la protection des civils, d’accompagner les mécanismes de désarmement et de vérification et de soutenir les efforts visant à restaurer durablement l’autorité de l’État.
À moins de trois mois de l’échéance du mandat actuel de la MONUSCO, la ministre d’État entend ainsi maintenir Kinshasa au cœur des discussions sur l’avenir de l’engagement onusien en RDC, avec une approche fondée sur la coordination, la défense des priorités nationales et l’adaptation des instruments internationaux aux réalités du processus de paix.





























