Une nouvelle échéance diplomatique se profile dans le processus de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Une conférence de planification trilatérale réunissant Kinshasa, Kigali et Washington est prévue au cours du mois d’octobre 2026 afin de revoir les modalités d’application des engagements sécuritaires souscrits par les deux parties.
La tenue de cette conférence avait été convenue lors de la sixième réunion du Joint Security Coordination Mechanism (JSCM), organisée les 12 et 13 août à Genève. Dans leur déclaration commune, la RDC et le Rwanda avaient convenu de renforcer les mécanismes de suivi et de vérification de la mise en œuvre de l’accord de Washington sur le terrain.
Un nouvel ordre opérationnel à définir
La conférence doit notamment déboucher sur une révision de l’« Operations Order », le document opérationnel destiné à encadrer les actions coordonnées des parties et les mécanismes de vérification de leurs engagements.
L’objectif est de disposer d’un cadre actualisé permettant de préciser les modalités concrètes d’exécution des engagements sécuritaires, mais aussi de mieux suivre leur application sur le terrain. Le Conseil de sécurité de l’ONU souligne également que cette conférence trilatérale est attendue en octobre dans le cadre du processus de Washington.
Cette échéance intervient alors que la mise en œuvre des engagements demeure au cœur des discussions entre Kinshasa et Kigali. Les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violations des dispositions de l’accord, dans un contexte où les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC.
Les FDLR et le retrait des forces au cœur des discussions
Parmi les dossiers sécuritaires concernés figurent notamment la neutralisation des FDLR, ainsi que la question du désengagement des forces rwandaises et de la levée des mesures dites défensives de Kigali.
Ces questions constituent l’un des principaux points de friction entre les deux capitales. Kinshasa affirme poursuivre son processus de désarmement, démobilisation et réintégration des combattants concernés. Kigali, de son côté, continue de mettre en avant la menace que représenterait la présence des FDLR dans l’Est congolais.
Lors de la réunion du JSCM de septembre à Genève, les discussions ont de nouveau porté sur la neutralisation des FDLR, la levée des mesures défensives du Rwanda ainsi que les mécanismes de suivi et de vérification des engagements.
Une échéance dans un contexte sécuritaire tendu
La conférence d’octobre intervient alors que les différents processus de paix engagés dans la région des Grands Lacs peinent encore à produire une réduction durable des hostilités. Le processus de Washington coexiste par ailleurs avec les discussions de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, ainsi qu’avec les efforts de facilitation de l’Union africaine.
L’enjeu de la prochaine conférence sera donc autant opérationnel que politique : transformer les engagements négociés en mécanismes concrets, vérifiables et applicables sur le terrain.
Pour les partenaires internationaux impliqués dans le processus, la question du suivi apparaît désormais déterminante. La révision de l’ordre opérationnel devrait ainsi chercher à clarifier les responsabilités de chaque partie et les modalités permettant de mesurer les progrès accomplis.
Alors que les affrontements continuent dans l’Est de la RDC, cette rencontre trilatérale constituera une nouvelle occasion pour Kinshasa, Kigali et Washington de tenter de rapprocher les engagements diplomatiques de leur mise en œuvre effective sur le terrain.





























