Les États-Unis ont retiré l’ensemble de leurs bombardiers B-1B Lancer stationnés à la base de RAF Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, et les ont redéployés vers leurs bases d’origine aux États-Unis. Le Pentagone a confirmé dimanche 4 octobre ce mouvement, en invoquant notamment des considérations de sécurité opérationnelle.
La décision intervient quelques jours après un incident ayant déclenché une importante opération de sécurité autour de la base. Le 27 septembre, la police britannique avait été alertée après la découverte de plusieurs véhicules et d’hommes considérés comme suspects à proximité de RAF Fairford. L’enquête antiterroriste a conduit à plusieurs arrestations, tandis que 85 habitations voisines avaient été évacuées temporairement.
Le Pentagone confirme le redéploiement
Dans une déclaration relayée par plusieurs médias américains, le Pentagone a indiqué que tous les bombardiers américains déployés à RAF Fairford avaient regagné leurs bases aux États-Unis. Washington a toutefois évité de préciser le calendrier exact du mouvement, expliquant que les impératifs de sécurité opérationnelle empêchaient de communiquer en temps réel sur le déplacement de ses moyens militaires.
Selon des informations rapportées par Reuters, le redéploiement serait lié à de « nouvelles menaces ». Des responsables américains cités par la presse évoquent une menace non spécifiée considérée comme suffisamment sérieuse pour provoquer le retour des appareils aux États-Unis.
Un précédent incident sous enquête
Le retrait intervient alors que les autorités britanniques poursuivent leur enquête sur l’incident du 27 septembre. Cinq hommes avaient été arrêtés à proximité de la base, puis libérés sous caution. Un sixième suspect, possédant les nationalités britannique et iranienne, a également été interpellé ultérieurement à Londres avant d’être libéré sous caution.
Les enquêteurs n’ont pas retrouvé d’explosifs dans les véhicules concernés, mais une quantité d’essence a été découverte. Les autorités britanniques ont indiqué examiner plusieurs pistes, notamment l’éventualité d’une implication d’un acteur étatique étranger.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré qu’il existait de « fortes indications » d’une implication iranienne dans l’affaire, tout en soulignant que l’enquête restait en cours. Téhéran rejette catégoriquement toute implication dans cette affaire.
RAF Fairford, un site stratégique
RAF Fairford constitue depuis plusieurs décennies un point d’appui majeur pour les opérations aériennes américaines en Europe. La base a notamment accueilli des bombardiers américains engagés dans les opérations militaires au Moyen-Orient.
Ces derniers mois, des B-1 y avaient été déployés dans le contexte des opérations américaines contre l’Iran. Leur présence permettait de réduire considérablement la distance et le temps de vol nécessaires pour atteindre le Moyen-Orient.
Leur retrait ne signifie toutefois pas que la capacité américaine de frappe à longue distance est interrompue. Le Pentagone souligne que les équipages de la flotte de bombardiers américains, notamment ceux opérant les B-1, B-2 et B-52, restent capables de mener des opérations depuis le territoire continental des États-Unis.
Le départ des B-1 de RAF Fairford marque néanmoins un changement notable dans le dispositif américain au Royaume-Uni, alors que la sécurité des installations militaires américaines en Europe fait l’objet d’une vigilance accrue.




























